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Syrie: une responsable de l'ONU et le Croissant-Rouge se rendent à Baba Amr

07/03/2012 10:30 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - La responsable des opérations humanitaires de l'ONU a pu visiter mercredi le quartier de Baba Amr, à Homs, en Syrie, où elle a découvert que la plupart des résidants avaient fui les lieux pour échapper au siège militaire dévastateur des forces du régime.

Des militants ont accusé le gouvernement de Bachar el-Assad d'avoir empêché l'accès à Baba Amr pendant une semaine pour tenter de cacher les preuves d'atrocités qui auraient été commises dans le quartier au cours du dernier mois.

Valerie Amos, chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) des Nations unies, est arrivée à Damas plus tôt dans la journée, puis s'est rendue à Baba Amr, que l'armée syrienne a repris aux rebelles jeudi dernier après des combats qui ont duré près de quatre semaines. La ville de Homs est l'un des bastions du soulèvement contre le régime autoritaire de Bachar el-Assad.

«Le Croissant-Rouge syrien est resté environ 45 minutes dans le quartier», a dit le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Hicham Hassan, à Genève. «Les volontaires disent que la plupart des résidants ont fui Baba Amr vers des zones qui ont déjà été visitées la semaine dernière par le Croissant-Rouge et le CICR», a-t-il ajouté.

C'était la première fois que des observateurs étrangers étaient autorisés à entrer dans le quartier depuis la fin du siège militaire.

Le siège de Baba Amr a attiré les critiques de la communauté internationale. Les États-Unis ont notamment affirmé que le président Bachar el-Assad se comportait comme un criminel de guerre. Un puissant sénateur américain, John McCain, a appelé à des frappes militaires pour mettre fin à la répression en Syrie. Mais le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, a exclu cette possibilité mercredi.

«Entreprendre une action unilatérale n'aurait pas de sens en ce moment», a dit M. Panetta devant le comité des forces armées du Sénat. «Nous devons nous assurer de savoir en quoi consiste la mission (...) et quel en sera le prix.»

Le gouvernement syrien a empêché tout accès à Baba Amr au cours des six derniers jours, affirmant que le quartier était trop dangereux pour que des travailleurs humanitaires s'y aventurent. Mais les militants affirment que le gouvernement s'est lancé dans une opération de «nettoyage» pour cacher les exactions.

«Ils n'ont laissé personne entrer pendant une semaine et maintenant ils laissent les gens entrer?», a dit Tarek Badrakhan, un militant de Homs, à l'Associated Press. «Aujourd'hui, c'est simple: ils ont fini leurs crimes et ont caché toutes les preuves. Ils pensent maintenant pouvoir montrer que tout est normal.»

Khaled Erd Sousi, chef du comité d'urgence du Croissant-Rouge syrien, a confirmé que Valerie Amos s'était rendue à Baba Amr mercredi.

Mme Amos a indiqué que l'objectif de sa visite était d'«exhorter toutes les parties à permettre un accès libre aux travailleurs humanitaires afin qu'ils puissent évacuer les blessés et livrer des articles essentiels».

Après avoir repris le contrôle de Baba Amr, les forces syriennes semblent tourner leur attention vers d'autres zones rebelles, notamment dans la province d'Idlib, près de la frontière avec la Turquie. Des témoins ont affirmé que les troupes avaient pilonné des villages du nord de la province mercredi. Ce changement de cap laisse penser que l'armée syrienne est incapable de mener plusieurs opérations majeures simultanément, même si les services de sécurité restent puissants et fidèles au régime.

Des diplomates ont par ailleurs annoncé mercredi que le nouvel émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, avait choisi deux adjoints pour l'assister dans sa mission. Il s'agit de Nasser al-Kidwa, un diplomate palestinien expérimenté, et de Jean-Marie Guéhenno, ancien responsable des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, a été choisi comme émissaire pour la Syrie il y a deux semaines. Il doit se rendre au Caire vendredi pour des entretiens avec des responsables de la Ligue arabe, puis à Damas samedi, où il devrait rencontrer le président Bachar el-Assad.

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