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Le ministre des Affaires étrangères John Baird entame sa visite en Birmanie

07/03/2012 11:09 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT

NAYPYITAW, Myanmar - Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a amorcé jeudi sa visite officielle en Birmanie, où il devrait témoigner de l'appui du Canada à la lutte pour la liberté dans l'une des dictatures les plus fermées de la planète.

M. Baird entame son voyage en rencontrant le président birman Thein Sein à l'opulent palais doré de la nouvelle capitale nationale, Naypyitaw.

Il se rendra ensuite à Rangoon, l'ancienne capitale, pour remettre la citoyenneté canadienne d'honneur à Aung San Suu Kyi. La célèbre dissidente est devenue un symbole international de résistance pacifique dans un pays qui a subi pendant des décennies la tyrannie d'une junte militaire.

Celle que l'on surnomme «la Dame» est candidate aux élections partielles qui doivent avoir lieu le mois prochain et qui sont considérées comme un test essentiel pour le nouveau leadership civil birman.

«Nous envoyons un message clair selon lequel nous avons constaté des progrès impressionnants jusqu'à maintenant, et nous désirons souligner toute l'importance des élections d'avril en tant qu'étape clé», a déclaré M. Baird.

Pour son déplacement en Birmanie, le ministre est accompagné d'un policier de la Gendarmerie royale du Canada, de son porte-parole principal, d'un expert sur l'Asie au sein du ministère et du chargé d'affaires canadien en Thaïlande.

L'armée a dirigé la Birmanie d'une main de fer, emprisonnant des milliers de dissidents, dont Mme Suu Kyi, qui a passé la majeure partie des 23 dernières années en résidence surveillée. Désormais libre, la femme de 66 ans est maintenant la chef de l'opposition et son parti fait activement campagne.

L'histoire épique d'Aung San Suu Kyi a commencé il y a 64 ans, soit plus de 20 ans avant la naissance de John Baird. Mme Suu Kyi n'avait que deux ans lorsque son père, le général Aung San, le héros de l'indépendance du pays, a été assassiné par des rivaux.

Après deux décennies passées à l'étranger, elle est revenue en Birmanie en 1988 pour prendre soin de sa mère mourante. C'est à ce moment qu'une révolte contre la junte militaire à la tête du pays a éclaté et qu'elle a été happée par les événements.

Son parti, la Ligue nationale pour la démocratie, a remporté une victoire sans équivoque lors des élections législatives de 1990, mais a été empêché par l'armée de former un gouvernement.

Un an plus tard, Mme Suu Kyi a reçu le prix Nobel de la Paix.

Elle est l'une des cinq personnes — et la seule femme — à avoir été nommée citoyenne canadienne d'honneur. Le ministre Baird lui présentera officiellement cette reconnaissance lors de la Journée internationale de la femme.

Le rythme des changements a parfois été étourdissant dans ce pays asiatique riche en ressources naturelles et fort de 60 millions d'habitants, mais encore relégué au ban des nations.

Le gouvernement a relâché des centaines de prisonniers politiques et les médias disposent de plus de libertés. L'image d'Aung San Suu Kyi est omniprésente, et chacun de ses mots est désormais rapporté dans la presse. Elle attire d'immenses foules à toutes ses apparitions publiques.

Le Canada a imposé diverses sanctions contre la Birmanie depuis 1988. Ottawa a mis sur pied un engagement stratégique avec le pays l'an dernier, mais maintient toujours un strict régime de sanctions, dont l'étau a été considérablement resserré en 2007.

Le ministre Baird ne devrait pas profiter de cette visite officielle pour annoncer un assouplissement de ces sanctions, comme l'ont fait récemment les États-Unis et d'autres pays occidentaux. La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, s'est rendue dans ce pays en décembre, la première visite officielle d'un représentant des États-Unis depuis plus de 50 ans.

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