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Investiture républicaine: Mitt Romney remporte le «super mardi» à l'arraché

07/03/2012 01:27 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - Mitt Romney a raflé six des dix États en jeu mardi dans la course à l'investiture républicaine, mais il n'a remporté qu'une courte victoire sur Rick Santorum en Ohio, un résultat qui laisse ouverte la course en vue de désigner un adversaire à Barack Obama pour l'élection présidentielle de novembre.

Rick Santorum, ancien sénateur de la Pennsylvanie, a remporté trois États, tandis que Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants, a remporté la Georgie, l'État qu'il a représenté au Congrès pendant près de 20 ans.

Les résultats mitigés du «super mardi» suggèrent que Mitt Romney, malgré son avance dans le nombre de délégués requis pour remporter l'investiture, a encore du mal à convaincre les franges les plus conservatrices de l'électorat républicain.

Le numéro 2 des républicains à la Chambre des représentants, Eric Cantor, a néanmoins prédit que l'ancien gouverneur du Massachusetts remporterait l'investiture parce que ses rivaux «n'ont pas démontré leur capacité à faire ce qui doit être fait» pour rallier les électeurs et parce que M. Romney reste «le seul candidat dans cette course qui a un plan pour remettre l'économie sur pied».

Ces remarques de M. Cantor, mercredi sur la chaîne CBS, reflètent l'opinion des électeurs de l'Ohio interrogés à la sortie des urnes, qui ont affirmé que l'amélioration de l'économie restait leur principale préoccupation.

Malgré ses victoires de mardi, Rick Santorum arrive encore plus loin derrière Mitt Romney quant au nombre de délégués, et ses chances de se rattraper s'amenuisent. Il doit consolider sa position parmi les électeurs conservateurs qui refusent de soutenir M. Romney, le candidat favori de l'establishment républicain dont le bilan modéré laisse sceptique la base du parti.

Les chances de M. Santorum se trouvent aussi diminuées par la victoire de Newt Gingrich, qui confirme qu'il restera dans la course et qu'il continuera de siphonner les votes des électeurs plus conservateurs.

Lors d'une entrevue mercredi sur la chaîne CNBC, Mitt Romney a affirmé qu'il avait le soutien dont il a besoin dans le parti pour décrocher l'investiture.

«Nous avons le temps, les ressources et un plan pour remporter tous les délégués et nous pensons pouvoir y arriver avant la convention», a dit M. Romney.

La victoire de M. Romney en Ohio n'est devenue certaine qu'au petit matin mercredi. MM. Santorum et Gingrich ayant été renforcés par leurs victoires respectives, la course à l'investiture va probablement continuer pendant encore des semaines, voire des mois, ce qui pourrait affaiblir le futur candidat désigné et bénéficier au président Obama, dont la cote de popularité dans les sondages s'est améliorée.

Mitt Romney a également remporté le Massachusetts, où il a été gouverneur, ainsi que le Vermont et la Virginie. Il a ensuite ajouté les caucus de l'Idaho et de l'Alaska à ses victoires. Rick Santorum a quant à lui remporté les primaires de l'Oklahoma et du Tennessee, ainsi que les caucus du Dakota du Nord.

Mais c'est surtout l'Ohio, un État industriel densément peuplé, qui a attiré l'attention mardi soir, puisqu'il est considéré comme un État baromètre de la présidentielle. C'était aussi un test de popularité pour Rick Santorum, qui devait montrer qu'il a toujours sa place dans la course.

Mitt Romney a été à la traîne pendant une bonne partie de la soirée, mais vers minuit, il avait obtenu une victoire de 38 pour cent, contre 37 pour Rick Santorum, une marge inconfortable pour un candidat qui a dépensé presque quatre fois plus d'argent que son adversaire dans cet État. Après le décompte de presque tous les bureaux de vote, il devançait M. Santorum par environ 12 000 voix, avec un total de 1,1 million de votes.

Les trois victoires de Rick Santorum et sa quasi-victoire en Ohio sont impressionnantes pour un candidat que peu d'analystes prenaient au sérieux il y a seulement quelques mois. Le succès de ce catholique ultraconservateur reflète son pouvoir d'attraction auprès des chrétiens conservateurs, une part importante de la base républicaine, particulièrement dans le sud du pays.

«C'était une grosse soirée», a-t-il dit mardi soir devant des partisans en Ohio. «Nous avons remporté l'Ouest, le Midwest et le Sud, et nous sommes prêts à des victoires à travers tout le pays.»

Mercredi matin, un comité d'action politique soutenant Rick Santorum a affirmé qu'il était temps que Newt Gingrich abandonne la course. Stuart Roy, conseiller auprès du Red, White and Blue Fund, a déclaré à l'Associated Press que M. Gingrich divisait les voix des électeurs conservateurs, qui ont du mal à faire leur choix entre les rivaux de M. Romney.

Lors d'une apparition matinale à l'émission de radio «Morning in America», M. Gingrich a déclaré qu'il aurait quitté la course s'il avait perdu la Georgie. Il a aussi estimé qu'il n'y avait aucune preuve que M. Santorum pourrait défaire M. Romney dans l'éventualité d'un affrontement à un contre un.

Le libertarien Ron Paul, quant à lui, a été relégué encore plus loin dans la course. Il espérait remporter les caucus de l'Idaho et de l'Alaska, qu'il a perdus de peu.

Au total, 419 délégués étaient en jeu mardi, soit plus du tiers des 1144 délégués requis pour remporter l'investiture du parti.

Mitt Romney a remporté au moins 212 délégués mardi, contre au moins 84 pour M. Santorum, au moins 72 pour M. Gingrich et au moins 22 pour Ron Paul, selon le décompte de l'Associated Press.

Mitt Romney mène toujours la course avec un total d'au moins 415 délégués, suivi de Rick Santorum avec 176, Newt Gingrich avec 105 et Ron Paul avec 47 délégués.

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