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Droits de scolarité: Jean Charest demeure ferme pendant que la pression augmente

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ETUDIANT MANIFESTATION
Jean Charest ne bronche pas. (Photo PC). | CP

MONTRÉAL - La tension monte entre les étudiants qui s'opposent à la hausse des droits de scolarité et le gouvernement Charest, qui ne donne aucun signe de fléchissement.

Mercredi après-midi, quelques centaines d'étudiants en grève ont investi l'édifice de Loto-Québec au centre-ville de Montréal, là où sont logés les bureaux de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ), et ont refusé de quitter les lieux malgré l'injonction des policiers. Ceux-ci sont ensuite intervenus afin de les expulser de force.

«La CREPUQ, ce sont des gens qui depuis plusieurs années demandent une hausse des frais de scolarité alors que ce sont les premiers à gaspiller l'argent que les contribuables et les étudiants mettent dans les universités au Québec», a expliqué en entrevue le porte-parole de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), Gabriel Nadeau-Dubois.

Les étudiants avaient même érigé des barrières métalliques d'environ 2 mètres, semblables à celles que l'on retrouve parfois autour des chantiers de construction. C'est d'ailleurs l'érection de ces clôtures en pleine rue Sherbrooke qui a mené les policiers à intervenir.

Les policiers ont utilisé du gaz-poivre et de nombreuses bombes sonores pour soutenir leur opération.

Cinq arrestations ont été effectuées et les détails sur d'éventuelles accusations seront connus jeudi, a indiqué mercredi soir un porte-parole du Service de police de la ville de Montréal, Daniel Fortier. Au moins quatre personnes ont subi des blessures mineures, dont deux qui ont été transportées à l'hôpital.

Les étudiants se sont ensuite dispersés et regroupés plus loin pour poursuivre leur manifestation, obligeant les policiers à jouer au chat et à la souris dans les rues de la métropole, une tactique dont les leaders de la CLASSE se lavent les mains.

«Quand une action est terminée, on en avise les étudiants qui sont présents. On invite les gens à se disperser. Après ça, si les gens veulent rester et veulent continuer à manifester, ce n'est pas notre rôle à nous de les contrôler et de leur dire quoi faire», a indiqué Gabriel Nadeau-Dubois.

Dans un communiqué, la CLASSE a «dénoncé» en fin d'après-midi «les abus policiers» ayant eu lieu en marge du blocage des bureaux de la CREPUQ.

Le regroupement a fait valoir que les forces policières ont «violemment dispersé» les manifestants, alors qu'ils bloquaient «pacifiquement» l'entrée des bureaux, «à coups de grenades assourdissantes, de poivre de Cayenne et de matraques».

Soutenant qu'une telle action policière survenait une deuxième fois en deux semaines, Gabriel Nadeau-Dubois a appelé les forces policières à respecter le droit de manifester des étudiants.

La CLASSE a dit croire qu'il y avait eu «plusieurs blessés».

Le porte-parole de la police de Montréal Daniel Fortier a fait valoir que l'intervention s'était déroulée «dans les règles de l'art».

«Il y a une demande d'éviction qui a été lue avec des haut-parleurs, puis une deuxième lecture, avant que ne soit utilisée la force nécessaire», a-t-il argué.

«C'est à la suite d'une demande d'éviction sur la présence illégale dans un bâtiment que cela s'est fait. Ce n'était pas juste une présence paisible devant un bâtiment. Les gens ne pouvaient pas entrer et sortir», a voulu préciser le porte-parole.

«La manifestation s'est déroulée quand même», a-t-il ajouté.

En soirée, par ailleurs, un certain nombre d'étudiants ont manifesté devant le quartier général du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), au centre-ville. Ceux-ci s'étaient réunis au parc Émilie-Gamelin vers 21h avant de se diriger vers les bureaux du SPVM.

Les porte-parole de la CLASSE ont dit ne pas avoir orchestré ces nouvelles actions, et en savoir peu sur ces tenants et aboutissants. L'appel aurait été lancé par certains étudiants à la fin des manifestations dans la journée et sur les réseaux sociaux.

La CLASSE a tout de même parlé d'une «vigile» pour dénoncer les «abus des policiers», et en appui à un étudiant d'un cégep qui aurait été blessé à un oeil en après-midi. Selon la CLASSE, cette blessure aurait été causée par une grenade assourdissante.

Une porte-parole de la police de Montréal, Anie Lemieux, a précisé que deux nouvelles arrestations avaient eu lieu lors du rassemblement en soirée. Elle a affirmé que plusieurs méfaits ont été rapportés, dont de nombreux bris de vitres de voitures.

Tôt jeudi matin, les manifestants s'étaient toutefois dispersés.

La CLASSE dit représenter présentement environ 80 000 membres dans les cégeps et universités du Québec.

Les différentes associations étudiantes ont promis des actions d'éclat dans les jours à venir. Celle de mercredi était pilotée par les associations étudiantes en sciences politique et en droit de l'UQAM.

Jusqu'à maintenant, près de 160 000 étudiants se sont prononcés pour la grève, incluant ceux de l'Université Concordia qui, dans une proportion de 67 pour cent, ont adopté un mandat de grève générale reconductible à partir du 15 mars, mercredi soir. Les votes des étudiants des cégeps Lévis-Lauzon et Sainte-Foy sont attendus cette semaine.

Malgré tout, un peu plus tôt mercredi, le premier ministre Jean Charest avait réitéré l'intention de son gouvernement d'aller de l'avant avec l'augmentation des droits de scolarité — de 325 $ par année pendant cinq ans.

M. Charest a affirmé que la décision n'était motivée que par un seul facteur, soit de préserver la qualité de l'éducation postsecondaire.

«Et dans la solution proposée par le gouvernement du Québec, c'est l'État québécois à travers les contribuables qui, à travers leurs impôts, vont faire la part du lion en termes de financement des universités et des collèges, a répété le premier ministre. Et nous demandons aux étudiants d'assumer leur juste part.»

Le premier ministre a par ailleurs rejeté l'argument voulant que les démunis et la classe moyenne voient leur accessibilité aux études supérieures compromise.

«Tous ceux qui sont boursiers vont recevoir un montant équivalent additionnel qui représente (l'équivalent de) l'augmentation des frais de scolarité, pour protéger l'accessibilité», a soutenu M. Charest.

La première des augmentations doit être comprise dans le budget du ministre Raymond Bachand, qui sera déposé le 20 mars.

Selon Gabriel Nadeau-Dubois, toutefois, les étudiants n'ont aucunement l'intention de considérer l'augmentation comme un fait accompli même si elle est comprise dans le budget Bachand. Le mot d'ordre pour une grande manifestation le 22 mars est maintenu.

«Le ministre Bachand essaie probablement de nous prendre de court en annonçant le budget aussi tôt. Nous avons une mauvaise nouvelle pour lui: ça ne fonctionnera pas. Nos mandats de grève sont forts, ils sont renouvelés à des pourcentages extrêmement intéressants et nous on est prêts à faire durer la grève après le 20 et le 22 mars s'il le faut», a dit le leader étudiant.

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