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Des milliers de Sud-Africains manifestent contre la pauvreté

07/03/2012 02:47 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - Des dizaines de milliers de Sud-Africains ont manifesté pacifiquement dans les principales villes du pays, mercredi, pour demander que le parti au pouvoir en fasse plus pour aider les pauvres.

Selon la police, quelque 50 000 personnes ont manifesté à Johannesbourg, capitale économique de l'Afrique du Sud. D'autres manifestations ont eu lieu au Cap et dans d'autres villes à l'appel du Congrès des syndicats sud-africains (COSATU), un proche allié du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir. Le COSATU a lié les manifestations à des décisions économiques récemment prises par l'ANC, mais les manifestants avaient plusieurs autres revendications.

Le COSATU craint qu'après 18 ans de pouvoir, le parti salué pour sa lutte contre l'apartheid soit devenu complaisant et ait besoin de remplacer certains politiciens corrompus ou incompétents.

L'ANC, au pouvoir depuis la fin de l'apartheid en 1994, fait face à des pressions grandissantes pour améliorer plus rapidement la vie des Sud-Africains noirs, dont plusieurs continuent de vivre dans la pauvreté extrême malgré la croissance économique, les libertés politiques et la stabilité qui ont suivi la fin du régime raciste.

Le COSATU, appuyé par des acteurs du monde politique, économique et social, a notamment demandé mercredi que l'ANC abandonne son projet d'instaurer des péages à Johannesbourg pour financer l'amélioration des routes. La fédération syndicale estime que les péages feront augmenter le coût de la vie pour les classes moyennes.

Le syndicat demande aussi au gouvernement d'interdire les agences de placement de personnel, estimant que cela n'incite pas les entreprises à créer des emplois stables et bien payés. Officiellement, le quart des Sud-Africains sont sans emploi, mais les experts estiment que cette proportion serait plus élevée si on tenait compte des personnes sous-employées.

Une participante, Nomsa Nkosi, âgée de 46 ans, a pris congé de son travail de machiniste dans une manufacture de vêtements pour manifester, se privant de son salaire quotidien de 16 $ US. Elle a expliqué qu'elle avait déjà travaillé pour des agences qui n'offrent aucune sécurité et pas de prestations de retraite.

«Pas de protection, rien», a-t-elle dit, ajoutant que le gouvernement ne faisait rien pour les pauvres.

Certains manifestants ont brandi des affiches avec des slogans associant le placement de personnel à de l'esclavage.

Une manifestante originaire de Soweto, Gertrude Mmutle, 58 ans, vendeuse dans un magasin à rayons, a dénoncé le projet de péages à Johannesbourg.

«Le gouvernement nous taxe beaucoup et il joue avec notre argent, a-t-elle dit. L'Afrique du Sud est en train de devenir un pays où les riches s'enrichissent et où les pauvres s'appauvrissent.»

Le leader du COSATU, Zwelinzima Vavi, a dit aux manifestants de Johannesbourg qu'il y aurait d'autres rassemblements du genre si le gouvernement ne répond pas aux demandes.

«Tout comme nous avons rendu le système d'apartheid inapplicable, nous rendrons ce système inapplicable», a-t-il lancé.

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