POLITIQUE

Le Canada veut expulser un autre Rwandais pour participation au génocide

07/03/2012 09:08 EST | Actualisé 07/05/2012 05:12 EDT
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MONTREAL, 8 mars 2012 (AFP) - Un Rwandais établi au Canada faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international par la justice de son pays qui le soupçonne d'avoir fait partie des milices Interahamwe, a été libéré sous caution mercredi après avoir été interpellé par les autorités canadiennes, a-t-on appris.

Télesphore Dereva, un Tutsi né en 1960 et arrivé en 2007 au Québec, a reçu fin février une lettre de l'Agence des services frontaliers du Canada lui demandant de se présenter le lundi 5 mars au bureau de l'antenne locale des douaniers, a indiqué à l'AFP son avocat, maître Philippe Larochelle.

A son arrivée, M. Dereva a été arrêté en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par le Rwanda qui l'accuse d'avoir fait partie de la milice extrémiste hutu Interahamwe, bien qu'il soit tutsi. L'homme a été transféré dans un centre de détention pour les immigrants illégaux à Laval, en banlieue de Montréal.

"Il a été libéré sous caution mercredi lors d'une audience", a souligné M. Larochelle.

Selon son avocat, M. Dereva avait été acquitté par les tribunaux populaires rwandais "gacaca" chargés de juger la quasi-totalité des auteurs présumés du génocide de 1994 à l'origine de 800.000 morts.

Cette histoire rappelle le cas de Léon Mugesera, ancien homme politique rwandais, renvoyé du Canada fin janvier, puis inculpé début février par la justice rwandaise pour planification du génocide de 1994, incitation à prendre part au génocide et distribution d'armes.

Léon Mugesera, 59 ans, était réclamé par la justice rwandaise depuis 1995 pour un célèbre discours prononcé en novembre 1992 lors d'un meeting de son parti.

Les autorités rwandaises considèrent que ce discours est l'un des éléments déclencheurs du génocide de 1994, au cours duquel des Hutu extrémistes ont tué jusqu'à 800.000 personnes essentiellement tutsi. Dans ce discours, M. Mugesera aurait qualifié les Tutsi de "cafards".