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Syrie: bombardements et affrontements dans le sud du pays

06/03/2012 11:40 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces syriennes ont bombardé mardi la localité de Hirak, dans la province de Deraa, d'où est parti le soulèvement contre le régime de Bachar el-Assad, il y a près d'un an. Selon des militants des droits de la personne, des combats opposent les forces du régime à des déserteurs de l'armée retranchés dans la ville.

«Les combats sont très violents et se poursuivent depuis la matinée», a déclaré Rami Abdul-Rahman, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, établi à Londres.

L'Observatoire et les Comités locaux de coordination ont fait état de six morts, un garçon de 15 ans tué par des tireurs embusqués et cinq soldats des troupes gouvernementales tombés dans une embuscade. Le bilan n'a pas pu être confirmé de sources indépendantes.

De fortes explosions ont secoué Hirak. Les forces de sécurité ont bombardé les secteurs résidentiels soupçonnés d'abriter des déserteurs, et même des mosquées ont été visées. Selon M. Abdul-Rahman, les forces du régime traquent les déserteurs et les militants, brûlant des habitations et procédant à des arrestations.

Ces opérations interviennent quelques jours après la reprise par les forces gouvernementales du quartier de Baba Amr à Homs, dans le centre du pays, après un «retrait tactique» des insurgés.

Selon les militants syriens, la situation est dramatique à Baba Amr: l'eau et l'électricité sont coupées malgré un temps glacial, les vivres et les médicaments manquent. Les autorités syriennes, après avoir initialement donné leur feu vert à la Croix-Rouge, empêchent toujours l'acheminement de l'aide humanitaire dans le quartier rebelle pilonné durant plusieurs semaines.

Sur le plan diplomatique, les États-Unis ont proposé au Conseil de sécurité de l'ONU un nouveau projet de résolution appelant au cessez-le-feu et condamnant les violations des droits de la personne par le régime de Bachar el-Assad, selon des diplomates.

La proposition doit être discutée mardi à huis clos par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) et par le Maroc, représentant de la Ligue arabe auprès du Conseil.

La Russie, qui a opposé son veto à l'adoption d'une résolution condamnant la répression syrienne le 4 février, a réaffirmé son refus de toute «ingérence» étrangère en Syrie.

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