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Russie: les autorités continueront à réprimer les manifestations non autorisées

06/03/2012 07:16 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

MOSCOU - Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dimitri Peskov, a justifié mardi l'intervention musclée de la police lundi soir face aux centaines de manifestants rassemblés sur une place du centre de Moscou pour protester contre la réélection du premier ministre à la présidence.

À l'issue de la manifestation pacifique qui a réuni quelque 20 000 personnes, les organisateurs, dont le blogueur et avocat anticorruption Alexei Navalny, ont appelé la foule à rester sur place.

«Nous sommes le pouvoir!», a-t-il lancé. «Nous appelons à l'action pacifique et à la désobéissance, et nous ne partirons pas. Nous connaissons la vérité sur ce gouvernement. C'est un gouvernement d'escrocs et de voleurs!»

Quelques centaines de manifestants sont restés, mais ils ont été rapidement encerclés par plusieurs centaines de policiers en tenue antiémeute. La police a ensuite chargé et interpellé quelque 250 personnes, dont Alexei Navalny, remis en liberté au cours de la nuit.

«L'action de l'opposition s'est déroulée en deux parties, le (rassemblement) légal et l'illégal. Et dans les deux cas, la police a montré un haut degré de professionnalisme, de légitimité et d'efficacité», a affirmé Dimitri Peskov mardi. Les autorités continueront à réprimer les rassemblements non autorisés, a-t-il averti.

Avec un score de plus de 63 pour cent des voix, selon la commission électorale, Vladimir Poutine a obtenu dimanche un troisième mandat au Kremlin, où il a régné de 2000 à 2008 avant de devoir céder la place à Dimitri Medvedev, ayant atteint la limite constitutionnelle de deux mandats présidentiels successifs. L'opposition a dénoncé des fraudes massives lors du scrutin de dimanche, marqué selon les observateurs internationaux par des «problèmes sérieux».

«Il n'y a pas de réelle compétition, et l'abus des ressources gouvernementales a fait en sorte qu'il n'y ait pas de doute sur le vainqueur final», a déclaré Tonio Picula, chef de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Les observateurs russes indépendants ont de leur côté fait état de nombreux cas de «vote manège», une pratique qui consiste à transporter des électeurs dans différents bureaux de scrutin afin qu'ils votent plusieurs fois.

Le ministère russe des Affaires étrangères a vivement critiqué mardi les conclusions de l'OSCE, qualifiées de «partiales et contestables». L'OSCE fait souvent deux poids deux mesures entre les pays occidentaux et ceux issus de l'ex-URSS, a estimé Moscou.

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