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Pour relancer sa campagne, Nicolas Sarkozy lorgne du côté de l'électorat du Front national

06/03/2012 08:26 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Nicolas Sarkozy s'est saisi mardi soir du thème de l'immigration, multipliant les signaux en direction des électeurs du Front national, pour tenter de relancer sa campagne, alors que les sondages le donnent nettement derrière son adversaire socialiste François Hollande. Le président-candidat s'est fixé pour objectif, s'il était élu, de "diviser par deux" le nombre d'étrangers accueillis en France chaque année.

"Notre système d'intégration fonctionne de plus en plus mal car nous avons trop d'étrangers sur notre territoire", a estimé Nicolas Sarkozy, souhaitant passer de 180 000 à environ 100 000 immigrés par an, dans l'émission "Des paroles et des actes" sur France-2.

Le chef de l'Etat a ainsi proposé de durcir l'accès à la nationalité française en cas de regroupement familial ou de mariage avec un Français. Outre une condition de revenus, et une condition de logement, il a suggéré l'ajout d'une troisième condition: "le passage d'un examen dans les consulats (...) portant sur la pratique du Français (...) et la connaissance des valeurs de la République".

En ce qui concerne le versement du minimum vieillesse à des personnes étrangères, il a suggéré de mettre en place une condition de présence sur le territoire de dix ans, et pour l'attribution du RSA, une condition d'activité sur le territoire de 5 ans.

En revanche, il a précisé qu'il souhaitait maintenir en l'état l'accès à la CMU (couverture maladie universelle) et à l'aide médicale d'urgence.

"Je solliciterai par référendum l'avis des Français sur le juge unique pour décider de garder ou non un étranger sur le territoire", a-t-il ajouté, revenant sur une proposition qu'il a déjà formulée à plusieurs reprises.

Après avoir mis le thème de l'immigration au coeur de son discours de Bordeaux le 3 mars, et repris à son compte certains des sujets habituels du Front national, comme la viande halal ou la mixité dans les piscines, Nicolas Sarkozy a cherché à attirer les électeurs d'extrême-droite dans son camp.

"Les plus ravis de la montée du Front national, ceux qui en profitent, et qui en ont profité depuis 40 ans, ce sont les socialistes", a-t-il lancé.

"Je dis aux électeurs du Front national qu'apporter une voix à (...) Marine Le Pen aujourd'hui, cette voix elle profitera à qui? Elle profitera aux socialistes", a-t-il insisté. "Et donc ils auront quoi? Le vote communautaire, la régularisation générale".

François Hollande propose d'accorder le droit de vote, lors des élections municipales, aux étrangers résidant légalement en France depuis cinq ans. Le candidat du PS plaide pour une régularisation des sans-papiers qui rempliraient trois critères objectifs: l'emploi, la famille et la durée de séjour sur le territoire.

Nicolas Sarkozy a redit mardi soir être en faveur de "l'introduction d'une dose de proportionnelle" lors des élections législatives, à hauteur de "10 à 15 pour cent" des sièges de l'Assemblée nationale.

"Je considère qu'il est profondément injuste et profondément anormal que des millions d'électeurs ne soient pas représentés au Parlement", a-t-il expliqué.

Une telle réforme pourrait notamment permettre au Front national, qui ne dispose actuellement d'aucun député, d'être représenté à l'Assemblée nationale. La proportionnelle fait aussi partie des revendications de longue date de François Bayrou, le candidat du MoDem.

Enfin, considérant qu'il serait "anormal" que les candidats de l'extrême-gauche et de l'extrême-droite ne puissent pas se présenter à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a suggéré un système de "parrainage par les citoyens".

La candidate du Front national, Marine Le Pen, se plaint notamment d'avoir du mal à recueillir ses 500 parrainages d'élus, qui doivent parvenir avant le vendredi 16 mars à 18h au Conseil constitutionnel.

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