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Mode: ambassadrices de Krypton chez Chanel, bourgeoises bohèmes chez Agnès b

06/03/2012 02:59 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Héroïnes futuristes sevrées à la «kryptonite» chez Chanel ou jeunes filles de bonne famille à la nonchalance assumée chez Agnès b, les défilés de prêt-à-porter pour l'automne-hiver prochain ont fait la preuve, mardi, sur les podiums, du large spectre des inspirations et des savoir-faire parisiens.

D'immenses pointes de quartz polychromes sortant du sol, comme poussés par des forces telluriques venues du centre de la terre: le décor imaginé par Karl Lagerfeld est planté sous la verrière du Grand Palais.

Et les filles Chanel sont à l'envi: leur silhouette possède la puissance de la force minérale, une force qui va jusqu'à transformer leurs sourcils en barrettes de pierreries. L'allure altière, elles affichent leur superbe, un peu rigide, dans de nouveaux tweeds hyper techniques sagement rebrodés de pierres et cristaux.

«Les cristaux, les quartz, les diamants mettent des millions d'années avant de nous arriver avec tout leur éclat: c'est ce travail qui ne se voit pas, le travail du temps, que j'ai voulu transmettre, même si au final, tout cela a un aspect très film futuriste», a expliqué Karl Lagerfeld à l'Associated Press à l'issue du défilé.

Autour d'une silhouette en «A», le styliste a bâti une déclinaison de pièces qui, toutes, reçoivent, transforment ou renvoient la lumière. «C'est un vrai travail de laboratoire avec des tissus de haute technologie, bien plus sophistiqués que le fil de métal ou le lurex», souligne le créateur au célèbre catogan.

En plus des transparences induites par les minéraux et les effets de prisme, la collection fait la part belle aux aluminium froissés, ou lamés travaillés en effet 3D, «certes des matériaux de demain, mais tous issus de notre recherche et du savoir-faire de nos ateliers», assure Lagerfeld.

Chez Agnès b, des jeunes filles de bonne famille, sourire aux lèvres, ont présenté un vestiaire dont bien des pièces ne dépareilleraient pas dans une collection d'été.

Des vestes en jersey de coton vichy, des manteaux en laine bouillie, des cardigans en laine mérinos ou des capes en milano sont au coeur de ce dressing nimbé d'un romantisme et d'une pointe de confort néo-bourgeois assumé.

«Oui, j'ai eu une enfance comme ça, un peu bourgeoise, un peu 'Versailles', avec une maman qui aimait s'habiller», a expliqué en coulisse la styliste à l'AP.

Mais cette jeunesse dorée sur tranche ne l'empêche pas de bousculer les convenances et lui fait par exemple jeter des motifs africains sur une parka, portée sous un mini cardigan à pression. Plus loin, elle revisite un duffle-coat qu'elle aurait chipé aux général Montgomery dans les années 1940 ou réinvente de petites vestes militaires cintrées, proposées en peau retournée beige.

D'autres cardigans «pression», des redingotes de drap, un twin-set en soie et cachemire complètent cette garde-robe dont la créatrice rappelle qu'elle est fière qu'elle soit «fabriquée en France».

«Cela fait trois ans que j'ai lancé le label 'fabriqué en France' et je suis fière de vendre, plus chers, des vêtements de qualité et qui durent longtemps, tant aux Chinois qu'aux Américains», glisse-t-elle, amusée que l'idée de conserver dans l'hexagone des savoir-faire uniques au monde soit devenu récemment un quasi-enjeu de campagne électorale.

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