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Le bilan des explosions à Brazzaville passe à 246 morts

06/03/2012 02:19 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

BRAZZAVILLE, Congo - Au moins 246 personnes sont mortes dans les explosions qui ont ébranlé la capitale de la République du Congo pendant deux jours après un incendie dans un dépôt de munitions, a annoncé la radio nationale mardi.

Selon la police, des pompiers internationaux ont réussi à maîtriser le principal foyer d'incendie mardi matin, l'empêchant de se propager à un autre dépôt de munitions situé à une centaine de mètres de là. Le deuxième dépôt contient des armes encore plus lourdes, d'après une source militaire ayant requis l'anonymat.

Les autorités ne peuvent pas encore dire quand commenceront les efforts de secours. Selon cette source militaire, les autorités envisagent de détruire de façon contrôlée les minutions rangées dans le deuxième dépôt, ce qui pourrait retarder les recherches dans les décombres pour retrouver d'éventuels survivants et pour récupérer les corps.

Le gouvernement congolais a annoncé une période de deuil national à partir de mardi et jusqu'à ce que les victimes soient inhumées, à une date qui n'a pas été déterminée.

La télévision nationale a diffusé mardi les premières images de la zone dévastée. Une inspection menée par l'Associated Press montre que tous les édifices situés dans un rayon de deux kilomètres du dépôt de munitions ont été complètement détruits, dont trois écoles et deux églises où se déroulait la messe du dimanche au moment des explosions.

La puissance des explosions a fait voler les vitres en éclats dans un rayon de dix kilomètres, jusqu'à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, située de l'autre côté du fleuve Congo.

La télévision nationale a montré des images de machinerie lourde déplaçant de la terre et d'ambulances remplies de corps nouvellement découverts.

«C'est comme un tsunami, mais sans eau», a dit le ministre de la Sécurité publique, Raymond Zephirin Mboulou, alors qu'il inspectait les lieux avec d'autres ministres du cabinet.

Le directeur de la morgue de l'hôpital universitaire central de Brazzaville, Ferdinand Malembo Milandou, a déclaré à la télévision qu'il n'y avait plus d'espace pour mettre les corps des victimes.

«Nous avons été forcés de mettre deux corps par compartiment», a-t-il dit. Il a aussi souligné que des blessés continuaient d'affluer dans les hôpitaux.

Des centaines de personnes étaient réunies mardi devant le principal hôpital de la ville pour avoir des nouvelles de leurs proches blessés qui submergeaient les couloirs.

Le directeur général de la santé au Congo, le professeur Elira Dokekias, a déclaré à l'Associated Press que les hôpitaux de la capitale traitaient 1340 personnes blessées, dont 60 qui attendent des opérations urgentes.

Des équipes médicales en provenance de France, de l'Italie, du Maroc, de Sao Tomé-et-Principe et de la République démocratique du Congo sont arrivées lundi et mardi pour participer aux secours, selon M. Dokekias.

En plus du matériel médical, il y a un besoin urgent de psychologues, a indiqué le professeur Dokekias.

«Nous avons besoin de toute urgence de gens qui puissent prendre en charge les besoins psychologiques (des victimes), parce qu'il y a beaucoup, beaucoup de patients traumatisés», a-t-il dit.

«Nous continuons de recevoir des blessés, et nous nous attendons à recevoir plus de corps quand les secouristes pourront fouiller dans les débris», a-t-il ajouté.

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