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Huit soldates victimes de viol déposent une poursuite contre l'armée américaine

06/03/2012 09:52 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

WASHINGTON - Huit femmes ayant fait partie ou faisant toujours partie de l'armée américaine soutiennent dans une nouvelle poursuite qu'elles ont été violées, agressées ou harcelées durant leur service et qu'elles ont subi des représailles lorsqu'elles ont rapporté l'incident à leurs supérieurs.

Déposée mardi devant la Cour du district de Washington, la poursuite accuse les forces armées d'être très tolérantes par rapport aux prédateurs sexuels qui se trouvent dans leurs rangs et de favoriser un environnement hostile qui décourage les victimes de dénoncer leurs agresseurs et qui les punit quand elles le font.

La poursuite affirme aussi que le département de la Défense n'a pas pris les moyens nécessaires pour régler le problème en dépit des déclarations publiques qu'il a faites assurant le contraire.

Sur les huit plaignantes, une est encore en service actif au sein de la marine américaine alors que les sept autres en ont été membres.

Sept d'entre elles disent avoir été violées ou agressées par des collègues, notamment dans le bureau d'un officier à Washington et sur une base aéronavale en Floride. La huitième aurait été harcelée et menacée lorsqu'elle était en Iraq.

Les présumées victimes ont confié avoir souffert de dépression, d'anxiété et de stress post-traumatique à la suite de ces agressions. L'une d'entre elles a raconté avoir tenté de se suicider après avoir été violée chez elle par un officier et l'ami de ce dernier.

La poursuite cite comme défendeurs l'actuel secrétaire de la Défense, Leon Panetta, ainsi que ses prédécesseurs.

Dans un communiqué publié mardi, la porte-parole du département de la Défense, Cynthia Smith, a répété que l'armée américaine ne tolérait pas les agressions sexuelles au sein de ses troupes.

Elle a rappelé qu'une politique annoncée en décembre offrait maintenant la possibilité aux militaires qui rapportaient ce genre d'incidents de changer immédiatement d'unité ou de base.

Mme Smith a aussi indiqué que le département de la Défense avait augmenté le financement destiné à la formation des enquêteurs et des juges-avocats en matière d'agression sexuelle et qu'un officier avait été nommé à la tête d'un bureau visant à prévenir ces crimes.

Une poursuite semblable à celle déposée mardi avait été intentée l'an dernier devant une cour fédérale en Virginie. Elle avait toutefois été déboutée en partie parce que le gouvernement avait décrété que le pouvoir judiciaire devait s'en remettre au pouvoir militaire en ce qui concerne le commandement et la discipline. Cette décision est présentement en appel.

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