Une étude jette un nouvel éclairage sur le décrochage des filles

Première Publication: 6/03/2012 13:19 Mis à jour: 8/03/2012 14:40

Education
L'adversité familiale et les difficultés familiales jouent un rôle de premier plan dans le décrochage scolaire des filles. (Photo Archives)

MONTRÉAL - L'adversité familiale et les difficultés familiales jouent un rôle de premier plan dans le décrochage scolaire des filles, révèle une étude rendue publique mardi par la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui réclame la mise en place de stratégies spécifiques pour confronter cette problématique.

Si l'origine sociale est, et demeure, le premier facteur agissant sur la réussite, tant pour les garçons que pour les filles, deux facteurs spécifiques peuvent amener les filles à décrocher.

Le premier facteur a trait à des difficultés reliées à l'adversité familiale, notamment parce que les filles sont les premières victimes de violence ou d'inceste. De plus, les filles doivent assumer une plus grande part de responsabilités dans la sphère domestique en raison d'une culture qui continue à leur reléguer certaines tâches. Il existe donc des problèmes vécus par les filles qui sont moins évidents dans une classe, qui attirent moins l'attention, mais qui mènent quand même au décrochage.

Le second facteur concerne les difficultés d'apprentissage. Si ces difficultés ne sont pas l'apanage des filles, l'absence de soutien parental serait plus déterminante pour elles que pour les garçons. Fait troublant, l'étude révèle que pour 77 pour cent des décrocheuses, la mère n'avait pas obtenu un diplôme d'études secondaires. En d'autres termes, dans la plupart des cas, les décrocheuses ont des mères peu scolarisées qui ont de la difficulté à apporter de l'aide durant le parcours scolaire.

La FAE remet aussi en question les critères utilisés par le ministère de l'Éducation pour mesurer l'ampleur du phénomène. Le ministère s'appuie, entre autres, sur le pourcentage de jeunes de 19 ans qui n'ont pas de diplôme d'études secondaires, ce qui témoigne d'un écart de 9 pour cent entre les filles et les garçons. Mais si on utilise les barèmes du Canada et de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), c'est-à-dire l'absence de diplôme à 24 ans, l'écart initial de 9 pour cent tombe à moins de 4 pour cent.

La FAE rappelle que les enfants sont, pour les filles, à la fois la principale motivation et l'obstacle majeur pour un retour aux études.

«On investit beaucoup dans le sport ou on développe des programmes scolaires en fonction des intérêts dits masculins. Les filles ont des besoins particuliers qui doivent être pris en compte», a dit le président de la FAE, Pierre St-Germain.

Parmi les solutions qui devraient être envisagées, la FAE évoque une aide financière pour permettre le retour aux études, des programmes d'études tenant compte de la conciliation travail-famille ou études-famille, un meilleur accès aux services de garde ou encore la mise en place de maternelles destinées aux enfants de 3 ans et 4 ans en milieux défavorisés et des services d'accompagnement spécialisés.

L'étude a été réalisée pour le compte de la FAE par Isabelle Marchand, doctorante en service social de l'Université de Montréal et membre de l'Institut de recherches et d'études féministes de l'Université du Québec à Montréal.

La FAE regroupe neuf syndicats de l'enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec).

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Publié par PC  |