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D'ex-soldats ont plus de risques de développer une dépendance aux antidouleurs

06/03/2012 04:46 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

CHICAGO - Des analgésiques puissants — comme la morphine — sont parfois prescrits à des militaires revenant tout juste de mission et souffrant de troubles de stress post-traumatique (TSPT) accompagnés d'une douleur physique, un cocktail qui peut avoir des conséquences tragiques, conclut une étude du gouvernement américain.

Ces anciens combattants présentent un risque élevé de sombrer dans l'abus de médicaments et d'alcool, mais ils ont aussi deux fois plus de risques de se faire prescrire des antidouleurs créant une dépendance que leurs frères d'armes qui souffrent uniquement d'une douleur physique, selon l'étude nationale, présentée comme la première à se pencher sur la problématique.

Les vétérans des missions en Irak et en Afghanistan qui souffrent de TSPT, et qui avaient déjà des problèmes d'abus de médicaments ou d'alcool, ont quant à eux quatre fois plus de risques de se faire prescrire ces médicaments que les vétérans qui n'ont pas de problèmes de santé mentale, révèle-t-on dans l'étude.

Le suicide, l'automutilation et les surdoses de médicaments et d'alcool étaient des comportements plus fréquents chez les victimes du TSPT à qui ces antidouleurs avaient été prescrits. De telles conséquences sont rares mais n'en sont pas moins troublantes, écrivent les auteurs de l'étude.

Les résultats de leurs recherches mettent en lumière la difficulté que représente le traitement d'anciens combattants dévastés par des blessures physiques et hantés par d'horribles souvenirs de guerre. Ils permettent toutefois de conclure que les médecins soignant cette clientèle devraient opter pour un traitement moins risqué, notamment en proposant des thérapies plutôt que des médicaments, ajoutent les auteurs de l'étude.

Les médicaments fabriqués à base d'opium, comme la morphine et l'hydrocodone, peuvent apaiser des douleurs physiques atroces. Les vétérans à qui de tels médicaments sont prescrits sont peu nombreux. Mais certains médecins les prescrivent aussi à d'anciens militaires souffrant de détresse psychologique, dans l'espoir de réduire cette douleur de l'esprit qui accompagne les douleurs chroniques.

Selon Michael Von Korff, chercheur en maladie chronique du Group Health Research Institute, à Seattle, ces espoirs sont non seulement vains mais les opioïdes peuvent aussi, dans certains cas, aggraver les problèmes émotifs. M. Von Korff n'a pas participé à l'étude.

Quelque 141 029 hommes et femmes ont pris part à la recherche entre octobre 2005 et décembre 2010, soit l'ensemble des vétérans des guerres en Irak et en Afghanistan à qui aucune douleur physique non cancéreuse n'avait été diagnostiquée. La moitié d'entre eux ont reçu un diagnostic de TSPT ou d'un autre problème de santé mentale.

Les résultats ont été publiés mardi dans la revue de l'American Medical Association. Le département américain des Anciens Combattants a défrayé les coûts de l'étude, qui se base sur les données des soins de santé du ministère.

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