POLITIQUE

Conflit à la Commission de la construction: le syndicat demande l'arbitrage

06/03/2012 10:51 EST | Actualisé 06/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Enlisé dans un conflit avec la direction de la Commission de la construction du Québec, le syndicat qui représente ses employés demande l'arbitrage. Mais la pdg de la commission, Diane Lemieux, n'en veut pas.

Cette demande d'arbitrage de différend a été formulée par une section locale du Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-FTQ) devant une menace de lock-out par la direction de la Commission de la construction.

Au cours d'une rencontre avec la presse, mardi à Montréal, le directeur exécutif du SEPB pour le Québec, Serge Cadieux, a affirmé qu'en 30 ans de carrière, il n'avait jamais vu une partie patronale du secteur public ou parapublic décréter un lock-out.

Il importe de souligner que la Commission de la construction a entre autres comme mandat de lutter contre le travail au noir dans la construction. De plus, la commission s'est récemment fait donner le mandat de s'occuper du placement des ouvriers sur les chantiers, un pouvoir qui était auparavant exercé par les grands syndicats. Un hypothétique lock-out entraînerait donc d'importantes répercussions dans la construction, à l'heure où le gouvernement essaie d'y faire le ménage.

La demande d'arbitrage formulée par le syndicat s'ajoute à une contestation devant les tribunaux des nouvelles dispositions législatives qui scindent le syndicat en deux. Ces dispositions empêchent 300 de ses 900 membres d'être membres d'un syndicat qui serait affilié à la FTQ, comme c'était le cas, ou à toute autre organisation syndicale qui a aussi des membres dans l'industrie de la construction. Le gouvernement tient à ce que ces 300 employés qui ont des pouvoirs d'enquête sur l'industrie aient un syndicat distinct.

Un hypothétique lock-out ne toucherait que 600 des 900 employés, a estimé M. Cadieux. Toutefois, les 300 qui détiennent des pouvoirs d'enquête pourraient difficilement continuer leur travail sans le soutien des employés de bureau et autres employés de la commission, a-t-il fait valoir. Surtout que jusqu'à tout récemment, ces 900 personnes étaient membres du même syndicat, jusqu'à ce que de nouvelles dispositions législatives imposées par Québec scindent leur syndicat en deux.

De son côté, la présidente-directrice générale de la Commission de la construction, Diane Lemieux, refuse la demande d'arbitrage du syndicat, qu'elle juge «prématurée». La convention collective est pourtant échue depuis deux ans. Et le syndicat s'était entendu avec l'ancienne administration sur plusieurs points avant l'arrivée en scène de Mme Lemieux, qui est en poste depuis 13 mois.

Mme Lemieux admet qu'elle dispose depuis novembre dernier d'une résolution qui lui permettrait de décréter un lock-out. Elle ne veut toutefois pas dire si elle envisage de s'en prévaloir. «Oui, c'est sûr qu'il y a eu des discussions autour de ça» durant la réunion du conseil d'administration de la Commission de la construction, mardi. Mais «je n'irai pas au-delà de ça sur les discussions du conseil d'administration. Ca demeure des discussions au sein du conseil d'administration», se borne-t-elle à dire.

La pdg dit croire que le litige avec son syndicat peut encore être réglé à l'étape de la conciliation et que les parties ne sont pas rendues au stade de l'arbitrage. «L'arbitrage, c'est quand c'est bloqué», argue-t-elle.

«On a une rencontre prévue avec le conciliateur au dossier, le 27 mars, alors je me prépare à ça», ajoute-t-elle.

L'enjeu du litige est le régime de retraite, qui est actuellement commun aux 900 employés, et qui est déficitaire. Le SEPB ne peut négocier désormais que pour 600 de ses membres, à cause des nouvelles dispositions législatives, or les 300 autres ont contribué pendant des années à ce régime et le SEPB ne peut plus négocier en leur nom.

Le syndicat se dit même prêt à accepter les augmentations de salaire déjà imposées au reste du secteur public et parapublic, à savoir sept pour cent sur cinq ans.