NOUVELLES

Une exposition sur la pluie est présentée au Musée du quai Branly, à Paris

05/03/2012 09:11 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Phénomène climatique attendu, prié ou craint par les hommes, la pluie a inspiré toutes les cultures et toutes les sociétés humaines, encore aujourd'hui.

Comptant plus de 95 accessoires de pluie et d'objets rituels en majorité contemporains, l'exposition «La Pluie» présentée au Musée du quai Branly, à Paris, permettra à partir de mardi de comprendre les relations complexes et ambiguës qu'entretiennent les hommes avec la pluie, de l'Afrique, à l'Amérique en passant par l'Océanie et l'Asie.

L'idée de revisiter les collections du quai Branly à travers le thème de la pluie est venue à la commissaire de l'exposition Françoise Cousin, ethnologue, lors d'un voyage en Inde, où elle a observé deux fillettes jetant à l'eau, au début de la mousson, deux figurines qu'elles avaient sculptées et «mariées» au début du cycle agricole. «C'est un rituel qui existe encore», tout comme les saris à rayures diagonales que portent les femmes, avant et pendant la mousson, dans des couleurs vert-jaune évoquant les jeunes pousses.

Et c'est par les vêtements de pluie aussi majestueux qu'ingénieux que le visiteur débute l'exposition: sont présentés un incroyable anorak d'enfant en intestin de phoque venu d'Alaska, un manteau de pluie de Nouvelle-Zélande rappelant le plumage des oiseaux et l'abri tressé d'Indonésie. Une variété dans le degré de sophistication et de la catégorie sociale comme l'illustre une vitrine consacrée au Japon, où «il existe plus de 400 mots pour dire qu'il pleut».

À l'image de la scénographie, Françoise Cousin a souhaité que les objets sélectionnés dans les vastes collections du quai Branly se répondent et se parlent autour des rituels de la pluie et les symboles et représentations des «mondes de la pluie».

Par des masques africains, des offrandes ou des instruments sud-américains ou indiens (d'Amérique) reproduisant le bruit de la pluie, toutes les civilisations tentent d'une manière ou d'une autre de maîtriser ce phénomène naturel vital.

Parmi les points communs d'une civilisation à l'autre, «les rituels visant à faire venir et à contrôler la pluie, qui interviennent également pour assurer la fécondité humaine, ou empruntent des signes qui associent explicitement l'une à l'autre», explique Mme Cousin. Ainsi les statuettes indiennes évoquées plus haut sont associées à une figurine du Sahara algérien, baptisée «la fiancée de la pluie», un pilon habillé aux mains en forme de cuillère pour recueillir l'eau mais aussi symboliquement la semence fertile.

«Traiter de la pluie mène plus largement à aborder la place de l'homme dans l'univers spatio-temporel, à explorer les théories cosmogoniques que les différentes sociétés ont développées et à rendre compte de la réalité intellectuelle et idéologique qui sous-tend l'utilisation d'intercesseurs entre les hommes et leur environnement», conclut l'ethnologue.

Et l'Occident, qui n'est pas représenté dans les collections du quai Branly, poursuit également sa quête de la pluie à l'image du gouverneur républicain du Texas, Rick Perry, qui avait organisé «trois jours de prière pour que tombe la pluie» sur son État...

PLUS:pc