NOUVELLES

Un prisonnier atteint du VIH dépose une plainte contre le gouvernement de la C-B

05/03/2012 09:25 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

VANCOUVER - Un homme qui a volontairement transmis le VIH à quatre femmes se plaint désormais que le gouvernement de la Colombie-Britannique n'ait pas été en mesure de lui offrir, sur une base régulière, les médicaments nécessaires pour contrôler le virus.

Charles Mzite a déposé une plainte devant le Tribunal des droits de la personne de la Colombie-Britannique dans laquelle il affirme que son traitement a été interrompu à 36 reprises lorsqu'il se trouvait au Centre correctionnel régional de l'Île de Vancouver.

Malgré le dépôt de la plainte un an et demi après la date maximale de six mois, l'avocate Marlene Tyshynski, membre du tribunal, a accepté d'entendre l'affaire, affirmant que celle-ci soulevait d'importantes questions entourant une personne vulnérable.

L'homme a été reconnu coupable d'agression sexuelle grave par un juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique en mars 2009, huit ans après être arrivé au Canada en provenant du Zimbabwe.

ll a été révélé, lors de son procès, qu'il avait eu des relations sexuelles consentantes avec quatre femmes, et ne leur a soit pas dit qu'il était séropositif ou leur a dit qu'il n'était pas atteint du VIH.

Au moins une des femmes est désormais atteinte du virus.

La plainte déposée par Mzite affirme que le ministère britanno-colombien de la Sécurité publique et que le centre correctionnel où il a été emprisonné n'ont pas été en mesure de lui offrir les médicaments antirétroviraux pour son traitement contre le VIH pendant les mois d'attente en vue de son procès.

Après avoir été reconnu coupable et condamné à 10 ans de prison, Mzite a été transféré dans un pénitencier fédéral.

Lors de son emprisonnement préalable à son procès, à partir de septembre 2007, Mzite soutient qu'il y a eu de nombreuses interruptions dans son traitement, et ce malgré des protestations répétées de son médecin et de son avocat.

«En juillet 2008, le médecin a constaté que la charge virale de M. Mzite avait augmenté», a indiqué Mme Tyshynski dans son jugement.

Le tribunal a appris que Mzite avait déposé sa demande tardivement par peur de représailles, puisque sa dépendance envers les soins de santé de la prison le plaçait dans une position vulnérable, et qu'il ne pouvait se permettre de perdre l'accès à ses médicaments.

L'avocat du gouvernement a argué que les plaintes remontaient à 2007 et qu'il serait difficile de remonter à ce point dans le temps. Le gouvernement a également affirmé que le médecin de la prison avait été remplacé en avril 2011, compliquant davantage le problème.

Me Tyshynski a toutefois rejeté l'argument.

PLUS:pc