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Un adolescent est acquitté d'avoir intimidé un jeune qui s'est suicidé

05/03/2012 03:15 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

OSHAWA, Ont. - La famille d'un jeune Ontarien de 11 ans atteint de dystrophie musculaire qui s'était suicidé après une triste affaire d'intimidation s'est déclarée satisfaite, lundi, en dépit de l'acquittement de l'adolescent accusé de l'avoir agressé et volé.

La juge Mary Teresa Devlin a justifié le verdict de non-culpabilité rendu à l'endroit de l'accusé de 13 ans en estimant que des doutes persistaient quant à l'identité de l'agresseur de Mitchell Wilson.

Le père de la victime, Craig Wilson, a déclaré à la sortie du tribunal que la loi a été respectée et que les proches quittent la tête haute.

Le jeune Mitchell s'est suicidé en septembre dernier après avoir été appelé comme témoin dans cette affaire. Sa famille affirme qu'il était terrifié à l'idée d'affronter le jeune qui lui aurait frappé le visage contre le trottoir, abîmé des dents et volé son iPhone à Pickering, en Ontario, en novembre 2010.

Mitchell était victime d'une intimidation incessante qui, ajoutée à la maladie dégénérative dont il souffrait, l'avait plongé dans une dépression qui ne finissait plus de s'aggraver, ont dit ses proches. Il est décédé le jour de la fête du Travail, après s'être enveloppé la tête dans un sac de plastique.

Le dossier avait retenu l'attention du premier ministre ontarien Dalton McGuinty, qui l'avait notamment évoqué au moment d'adopter une loi plus sévère pour lutter contre l'intimidation.

Le mois dernier, la juge Devlin avait accepté le dépôt en preuve de déclarations orales et écrites faites par Mitchell à sa mère et aux policiers avant son suicide, concernant l'identité de son agresseur. Craig Wilson a dit que son fils était certain d'avoir correctement identifié son agresseur, qui ne peut être nommé en raison de son jeune âge.

Toutefois, lors du prononcé du verdict, lundi, la juge Devlin a indiqué que l'identification faite par Mitchell de l'accusé était peut-être incorrecte, et qu'elle n'avait d'autre choix que de le reconnaître non coupable de voies de fait graves et de vol. Elle a ajouté espérer que les responsables auraient le courage de se faire connaître et d'accepter la responsabilité de leurs gestes.

Après le procès, la tante de la victime, Cheryl Wilson, a dit que la famille avait voulu que la voix de Mitchell soit entendue.

«Je ne pense pas que nous cherchions à nous venger ou quelque chose du genre, a-t-elle dit. Puisqu'il n'était pas ici, sa famille était là pour suivre le procès du début à la fin.»

Elle a ajouté que les proches quittaient le tribunal «avec les mêmes souvenirs fantastiques d'un petit garçon merveilleux».

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