2000 Syriens auraient trouvé refuge au Liban en deux jours

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SYRIA
Près de 2000 Syriens ont passé la frontière du Liban dimanche et lundi pour fuir les violences dans leur pays (AP/Archives). | AP

QAA, Liban - Des Syriens qui ont trouvé refuge au Liban voisin ont affirmé, lundi, qu'ils avaient eu peur d'être massacrés dans leur propre maison alors que les forces gouvernementales traquaient les opposants dans leur offensive brutale contre un quartier rebelle de Homs, dans le centre de la Syrie.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a déclaré lundi que jusqu'à 2000 Syriens avaient passé la frontière du Liban au cours des deux derniers jours pour fuir les violences dans leur pays. Dans le village frontalier de Qaa, des familles comprenant des femmes et de jeunes enfants sont arrivées avec pour seules possessions des sacs de plastique contenant quelques effets personnels.

«Nous avons fui les tirs d'artillerie et les bombardements», a expliqué Hassana Abu Firas. Elle s'est réfugiée au Liban avec deux autres familles qui ont fui leur ville d'Al-Qusair, à environ 22 kilomètres de Qaa, du côté syrien de la frontière. Cette ville est située dans la province de Homs, où les forces gouvernementales mènent une violente offensive depuis un mois.

«Que sommes-nous censés faire? Les gens restent assis dans leur maison et ils nous tirent dessus avec des chars», a dit Mme Firas à l'Associated Press. «Ceux qui peuvent fuir le font. Ceux qui ne peuvent pas vont mourir assis.»

Les responsables de la sécurité libanaise ont indiqué, sous le couvert de l'anonymat, que plus de 10 000 Syriens se trouveraient dans le pays, dont 3000 qui seraient arrivés au cours des derniers jours à cause des violences dans la région de Homs.

Au Liban, plusieurs Syriens craignent la présence d'agents du régime de Bachar el-Assad. Des rumeurs font état d'enlèvements et d'une collaboration entre les forces de sécurité libanaises et syriennes. La Syrie a contrôlé le Liban pendant des décennies et le Hezbollah, le parti qui domine présentement le gouvernement libanais, est étroitement lié à la Syrie et à l'Iran.

La Turquie a indiqué qu'elle hébergeait 11 000 Syriens dans des camps installés le long de sa frontière avec la Syrie, dont plus de 1000 réfugiés qui sont arrivés depuis un mois. Une centaine de personnes supplémentaires sont arrivées au cours des deux derniers jours.

La Jordanie héberge quant à elle plus de 80 000 réfugiés syriens, selon le gouvernement.

Alors que la pression internationale contre le régime de Bachar el-Assad continue de s'accroître, le sénateur américain John McCain, candidat républicain à la présidentielle de 2008, a appelé lundi à des frappes aériennes contre la Syrie. Il a affirmé que les États-Unis avaient le devoir moral et l'obligation stratégique de déloger Bachar el-Assad et ses partisans.

«Le seule façon réaliste d'y arriver est avec une puissance aérienne étrangère», a dit M. McCain devant le Sénat. «Les États-Unis devraient mener un effort international pour protéger les centres de population clés de la Syrie, en particulier dans le nord, par le biais de frappes contre les forces d'El-Assad.»

Le Canada a par ailleurs annoncé, lundi, la fermeture de son ambassade en Syrie à cause de la détérioration de la sécurité, après les États-Unis, le Royaume-Uni et la France. Le personnel diplomatique canadien a quitté le pays, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, John Baird.

Le régime syrien a accepté lundi la visite de deux hauts émissaires internationaux qu'il avait précédemment repoussés: l'ancien secrétaire de l'ONU Kofi Annan, nouvel émissaire spécial pour la Syrie, et la responsable des affaires humanitaires à l'ONU, Valerie Amos.

Mme Amos arrivera mercredi à Damas et en repartira vendredi, tandis que M. Annan y sera samedi. Mme Amos a indiqué que le but de sa visite était d'«exhorter toutes les parties à permettre un accès libre aux travailleurs humanitaires afin qu'ils puissent évacuer les blessés et livrer des articles essentiels».

Même si le gouvernement syrien avait promis la semaine dernière de laisser entrer la Croix-Rouge dans le quartier assiégé de Baba Amr, à Homs, les forces de sécurité n'ont pas laissé les travailleurs humanitaires y accéder, citant des raisons de sécurité.

La situation à Baba Amr est de plus en plus préoccupante. Des militants affirment qu'après avoir repris le quartier rebelle jeudi dernier, les forces syriennes ont exécuté des dizaines de personnes et ont brûlé des maisons en guise de représailles contre les citoyens soupçonnés de soutenir les rebelles. Les civils doivent aussi affronter une pénurie de nourriture et une vague de froid.

Selon les militants, des centaines de personnes ont été tuées durant l'offensive d'un mois à Homs. D'après les Nations unies, au moins 7500 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement.

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