POLITIQUE

Requêtes de Québec à Ottawa: Marois donne 0 sur 15 au gouvernement Charest

05/03/2012 02:56 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Après avoir fait une recension de 15 demandes que le gouvernement Charest avait formulées aux partis politiques fédéraux lors de la dernière campagne électorale, l'opposition péquiste lui donne une note de 0 sur 15.

La chef péquiste Pauline Marois et son député responsable des affaires intergouvernementales canadiennes, Bernard Drainville, ont rencontré la presse, lundi à Montréal, pour faire le point sur ce qu'il est advenu de ces 15 demandes du gouvernement du Québec au gouvernement fédéral et aux partis fédéraux.

Parmi celles-ci, on retrouve une demande de Québec de maintenir le registre des armes à feu, un rôle accru du Québec dans la nomination de juges à la Cour suprême, un encadrement du pouvoir fédéral de dépenser ainsi qu'un rehaussement du financement de l'éducation postsecondaire au niveau de ce qu'il était en 1994-1995.

Le Parti québécois affirme que le gouvernement Charest n'a pratiquement rien obtenu d'Ottawa sur tous ces thèmes et sur d'autres, comme les changements climatiques et la réalisation d'un train rapide Québec-Windsor.

«Québec ne fait pas les démarches qu'il faut vis-à-vis Ottawa, a dit Mme Marois. À part d'écrire une lettre entre chaque élection, le Capitaine Canada qu'est monsieur Charest se transforme en Capitaine Québec quand arrive l'élection _ d'ailleurs probablement qu'aujourd'hui à Toronto, il a dû prononcer quelques phrases bien senties pour défendre nos intérêts, quatre ans après 2008 _ et puis après ça, il rentre à la maison et c'est le tapis pour les demandes du Québec.»

Mme Marois estime que le premier ministre Charest aurait dû profiter de la tribune du Canadian Club dont il bénéficiait, à Toronto lundi, pour marteler les revendications du Québec et tenter d'obtenir davantage.

«Au lieu d'attendre que le fruit mûrisse, Jean Charest aurait dû profiter de son passage à Toronto pour souligner la volonté des fédéralistes du Québec de modifier la constitution. Passer cette question sous silence confine à la lâcheté», a-t-elle critiqué.

Mme Marois fait le pari qu'avec un gouvernement péquiste, le gouvernement fédéral négocierait davantage d'accommodements.

Elle rappelle que ce sont des gouvernements péquistes qui avaient jadis réussi à rapatrier des pouvoirs en matière de formation de la main-d'oeuvre et qui avaient obtenu un amendement pour transformer les commissions scolaires confessionnelles en institutions linguistiques.

«Notre objectif c'est de faire la souveraineté du Québec, c'est que le Québec devienne un pays. Cependant, d'ici à ce que nous ayons tous nos pouvoirs au niveau des lois, des impôts, des ententes internationales, nous pensons que le Québec doit avancer. Et dans ce contexte-là, nous devons obtenir des pouvoirs, en matière linguistique, en matière culturelle, en matière économique», a résumé Mme Marois.