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Parité: Bruxelles se rapproche de l'idée de quotas de femmes au sein des conseils d'administration

05/03/2012 12:45 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

BRUSSELS - Devant le peu de progrès réalisés lors de l'année écoulée, Bruxelles envisage désormais d'imposer des quotas de femmes au sein des conseils d'administration des grandes entreprises européennes.

La commissaire européenne à la Justice Viviane Reding a expliqué lundi qu'au rythme actuel, il faudrait attendre encore 40 ans pour les femmes composent 40% des conseils d'administration dans les entreprises européennes cotées en bourse. Lors d'une conférence de presse, elle a annoncé le lancement d'une grande consultation publique sur les moyens d'améliorer la parité au sein des conseils d'administration, avec pour objectif la présentation cette année d'un projet de directive européenne. Le texte pourrait comprendre l'introduction de quotas contraignants.

"Il y a un an, j'ai demandé aux compagnies d'augmenter volontairement la présence des femmes au sein des conseils d'administration", a-t-elle rappelé. "Néanmoins, j'ai le regret de constater que malgré nos appels, l'auto-régulation n'a jusqu'à présent pas donné de résultats satisfaisants".

"Personnellement, je ne suis pas une grande fan des quotas", a ajouté la vice-présidente de la Commission. "Mais j'apprécie le résultats qu'ils apportent". Plusieurs des 27 Etats de l'UE, dont la Belgique, la France, l'Italie, les Pays-Bas et l'Espagne ont déjà adopté de tels quotas, tandis que d'autres ont instauré un seuil minimum de femmes.

Selon la Commission, au cours des 12 derniers mois, seules 24 compagnies ont signé un engagement pour porter à 30% la part de femmes au sein des conseils d'administration d'ici 2015. La part monterait à 40% d'ici à 2020.

Actuellement, les femmes ne représentent qu'un septième, soit moins de 14%, des membres des conseils d'administration des plus grandes entreprises européennes, selon Bruxelles. En 2010, elles représentaient moins de 12% des membres de ces conseils d'administration, alors même que 60% des diplômés universitaires sont des femmes. Le pourcentage de femmes à la tête de grandes compagnies européennes a même baissé au cours des deux dernières années, à 3,2% contre 3,4% en janvier 2010.

Pour la Commission, la sous-représentation des femmes dans les instances dirigeantes des grandes compagnies ne constitue pas une discrimination, elle nuit aussi aux résultats de ces entreprises. "Le manque de femmes aux postes les plus élevés dans le monde des affaires nuit à la compétitivité européenne et entrave la croissance économique", a souligné Mme Reding, citant des études qui montrent que les groupes qui respectent la parité au sein des conseils d'administration ont des bénéfices supérieurs de 56% à ceux dont les instances dirigeantes sont exclusivement masculines.

"Je crois qu'il en grand temps que l'Europe brise le plafond de verre qui continue d'empêcher les talents féminins d'accéder au sommet des compagnies européennes côtées", a-t-elle conclu. AP

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