NOUVELLES

Chute de béton au Parc olympique: travaux au stade Saputo possiblement en cause

05/03/2012 11:05 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - Si les travaux en cours au stade Saputo sont largement évoqués pour expliquer l'affaissement d'une dalle de béton dans un des stationnements du Parc olympique, dimanche à Montréal, les autorités restent prudentes.

Dans un point de presse, lundi matin, la ministre du Tourisme, Nicole Ménard, a indiqué que plusieurs spécialistes de la Régie du bâtiment du Québec et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) étaient sur place pour mener une enquête.

Tout semble toutefois indiquer que l'incident serait lié aux travaux d'agrandissement du stade de soccer où évolue l'Impact de Montréal, a-t-elle ajouté.

En effet, un grande quantité de terre se serait retrouvée sur l'endroit où s'est produit l'affaissement, très peu de temps avant celui-ci.

«Ce que j'ai appris, c'est que jeudi, il n'y avait pas de terre. On est en train de regarder ce qui s'est passé», a dit la ministre Ménard.

David Heurtel, président-directeur général de la Régie des installations olympiques (RIO), a pour sa part indiqué que des équipes s'affairaient à enlever la terre accumulée au-dessus de la zone d'affaissement pour alléger le poids sur la structure du stationnement.

Selon les informations communiquées par M. Heurtel, la dalle de béton s'est affaissée dans un angle de 45 degrés et repose sur une autre dalle, dont on ignore l'état, pour le moment.

Toutefois, tant M. Heurtel que Mme Ménard ont plusieurs fois précisé que les conclusions actuelles ne sont que préliminaires. L'ampleur des dégâts et la cause de l'affaissement ne pourront être déterminées que lorsque la terre sera retirée, la zone sécurisée et les enquêtes terminées.

«On est encore en train de bien déterminer l'ensemble des ramifications de ce qui s'est passé, a expliqué M. Heurtel. On doit commencer par le commencement, c'est-à-dire retirer la terre. Ensuite, ça va nous permettre de voir l'étendu des dommages causés et avec ça, par la suite, on pourra prendre d'autres mesures correctives.»

La direction de Saputo, propriétaire de l'Impact de Montréal, a également tenu un point de presse lundi pour commenter l'évènement.

Richard Legendre, vice-président directeur de l'Impact, a précisé que Saputo collabore pleinement à l'enquête visant à déterminer les causes de l'affaissement. Il a dit ignorer pourquoi de la terre s'est retrouvée sur le stationnement, l'enquête n'étant qu'à ses débuts.

L'entrepreneur en charge des travaux, l'entreprise Broccolini, n'a pas retourné les appels de La Presse Canadienne.

De passage à Toronto, le premier ministre Jean Charest n'a pas voulu trop s'avancer non plus.

«Les gens font une évaluation de la situation pour déterminer la cause. C'est le plus urgent, déterminer ce qui est arrivé. Aussitôt que nous aurons cette information, on sera mieux placé pour pouvoir agir», a-t-il dit.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a quant à elle souhaité que le gouvernement fasse preuve de transparence dans ce dossier.

«Je crois que le gouvernement doit agir très rapidement, pour faire une analyse de la situation, aller chercher les expertises qu'il faut auprès des ingénieurs, auprès de la Régie», a lancé Mme Marois, ajoutant qu'il est important d'informer les Québécois pour «les rassurer plutôt que de les inquiéter».

M. Heurtel a mentionné qu'actuellement, et principalement en raison des déboires liés à l'état du toit du stade, la moitié du budget annuel du Stade olympique provient du gouvernement du Québec, soit environ 20 millions $.

Les autorités ont toutes tenté de se faire rassurantes sur la sécurité des installations olympiques, qui n'ont pas toujours eu bonne réputation.

Le Stade olympique se trouve à quelques centaines de mètres du stationnement où s'est produit l'incident, au coin nord-est du quadrilatère olympique.

Il n'y a donc pas de danger, selon M. Heurtel, pour les usagers du Stade olympique, du centre sportif, du biodôme, du cinéma et de l'aréna Maurice-Richard, notamment.

De plus, il a rappelé qu'une inspection complète et indépendante des installations olympiques, réalisée en 2009 par la firme Dessau, avait révélé que les structures et les équipements étaient en bon état.

«Il n'y a rien à l'heure actuelle qui indique que la structure est en cause, qu'il y a une vétusté des équipements, a-t-il expliqué. Cet incident est dans un périmètre circonscrit qui est très loin du Stade olympique lui-même et il n'y a présentement rien qui nous laisse croire qu'il y a un lien entre ce qui s'est passé (dimanche) et la structure du stade et de l'ensemble du parc.»

Les stationnements B1 et B2 demeurent fermés.

Le match d'ouverture de la première saison de l'Impact dans la MLS, prévu le 17 mars au Stade olympique, n'est pas compromis.

Quant à la réouverture du stade Saputo, d'abord prévue le 16 juin, les travaux devraient se poursuivre selon l'échéancier, même si les activités sont quelques peu ralenties par l'incident, selon M. Legendre.