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Le bilan s'alourdit à Brazzaville, un second dépôt menacé par l'incendie

05/03/2012 01:24 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

BRAZZAVILLE, Congo - Au lendemain des explosions meurtrières à Brazzaville, des équipes internationales luttaient lundi pour empêcher que l'incendie ne se propage à un second dépôt de munitions de la capitale congolaise, tandis que le bilan s'est encore alourdi pour atteindre au moins 213 morts et près d'un millier de blessés.

Des déflagrations pouvaient encore être entendues lundi, même si elles restaient moins fortes que celles qui ont secoué la ville la veille. Dimanche, l'incendie dans un dépôt de munitions a provoqué une série d'explosions si violentes que plusieurs bâtiments se sont effondrés, dont deux églises et un hôpital. Les vitres ont été soufflées dans un rayon de cinq kilomètres autour du dépôt. Les secousses ont été ressenties jusqu'à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), de l'autre côté du fleuve Congo.

Lundi, les efforts se poursuivaient pour éteindre les flammes. «Pour l'heure, il y a des experts russes, français et congolais sur le terrain qui tentent d'éteindre les incendies. Leur but est d'éviter que les flammes n'atteignent un second dépôt d'armes encore plus lourdes», a expliqué Delphin Kibakidi, porte-parole de l'antenne locale de la Croix-Rouge.

Une équipe de démineurs du Mine Advisory Group, financé par l'Union européenne, a dit travailler avec les autorités pour sécuriser la zone. «D'autres vies sont considérées en danger à cause de la menace d'engins non explosés projetés par la déflagration», a prévenu l'organisation. D'après les premières informations, des «projectiles potentiellement instables» auraient été dispersés dans des zones habitées, provoquant déjà un certain nombre d'explosions et de victimes, selon un communiqué du groupe.

Les résidants des quartiers les plus proches du dépôt ont dû fuir les lieux. La Croix-Rouge a installé deux campements dans des églises de la capitale, où 600 déplacés ont déjà trouvé refuge. «Aujourd'hui, nous pouvons estimer qu'il y a des dizaines de milliers de personnes qui sont sans abri dans les rues», a dit Delphin Kibakidi.

Les explosions persistantes et les incendies gênent les secouristes qui tentent de venir en aide aux centaines de personnes qui seraient encore prisonnières de décombres de bâtiments effondrés.

Une foule s'est rassemblée devant la principale morgue municipale, où 136 cadavres ont été transportés dimanche. Lundi matin, un journaliste de l'Associated Press a vu sept nouveaux corps arriver en l'espace de deux heures. Un hôpital voisin a reçu 70 cadavres dimanche.

Le bilan risque encore de s'alourdir, les secours commençant à dégager les décombres de l'église Saint Louis, qui s'est effondrée alors que des dizaines de fidèles assistaient à la messe du dimanche.

Le chef de mission de Médecins sans frontières (MSF), Jan Diplo, a dit avoir compté 936 blessés dans les trois principaux hôpitaux de la ville, où l'organisation a distribué du matériel pour traiter les brûlures. D'autres blessés ont été admis dans des cliniques privées et des dizaines de blessés affluaient encore lundi dans les hôpitaux.

La plupart des blessés souffrent de blessures traumatiques après que des bâtiments se soient effondrés sur eux, a rapporté M. Diplo. Les hôpitaux débordés manquent de tout, et en particulier de matériel chirurgical, a-t-il dit. L'un des établissements a lancé un appel à des dons du sang à la radio nationale.

D'après un porte-parole du gouvernement, Bienvenu Okyemi, un court-circuit serait à l'origine de l'incendie qui a provoqué les explosions. Dans une déclaration à la nation, le président Denis Sassou-Nguesso a parlé d'un «accident tragique».

Les autorités se sont empressées de faire savoir que les explosions ne provenaient pas d'un coup d'État ou d'une mutinerie.

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