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Haïti: Martelly veut déloger les ex-militaires des camps d'entraînement

05/03/2012 05:38 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le gouvernement haïtien tentera de reprendre le contrôle de plusieurs camps d'entraînement occupés par d'anciens soldats qui demandent le rétablissement de l'armée nationale, a annoncé le président Michel Martelly lundi.

M. Martelly n'a pas fixé d'ultimatum, mais il a dit espérer que la commission agisse rapidement pour inciter les ex-militaires à quitter les camps, situés en périphérie de la capitale.

«Cette commission devra travailler rapidement pour libérer ces espaces occupés», a dit le président devant des journalistes après une rencontre avec l'émissaire des Nations unies en Haïti, Mariano Fernandez. M. Fernandez devait participer à la conférence de presse, mais il a du partir plus tôt que prévu pour prendre un vol à destination de New York, où il parlera d'Haïti mardi devant le Conseil de sécurité.

Des dizaines d'anciens et aspirants soldats font pression sur le président haïtien pour qu'il respecte sa promesse de campagne électorale de rétablir l'armée, démantelée en 1995. Le groupe hétéroclite a demandé le rétablissement de l'armée sur des chaînes de radio locales et a défilé dans les rues en tenue de combat, faisant craindre que ses membres ne soient utilisés comme miliciens privés. Les ex-soldats demandent aussi le versement de 15 millions $US en arriérés de salaire et en prestations de retraite.

Michel Martelly a affirmé qu'il était déterminé à rétablir l'armée, même si les gouvernements occidentaux estiment que l'argent devrait plutôt être consacré au développement de la police. Le Conseil de sécurité de l'ONU a déclaré que la police était le «meilleur» corps capable d'assurer la sécurité en Haïti.

Lundi, le ministère de l'Intérieur a diffusé un communiqué sommant les personnes qui possèdent des armes et des munitions appartenant à l'ancienne armée de les rendre au gouvernement d'ici 15 jours. Samedi, le même ministère avait averti les anciens militaires qu'ils pourraient être envoyés en prison s'ils continuent de se présenter comme des soldats. Mais les efforts visant à évacuer les lieux occupés par les ex-soldats pourraient être délicats.

L'un des membres du groupe, Jean-André Saint-Louis, a affirmé lundi qu'il n'y avait qu'une seule façon de faire partir les ex-militaires.

«Pour qu'on parte, ils doivent rétablir l'armée», a-t-il déclaré lors d'une entrevue téléphonique.

Le projet de nettoyer les camps occupés par les ex-soldats survient dans une période de grande instabilité à Port-au-Prince. Plusieurs Haïtiens sont inquiets face à ce qu'ils voient comme une hausse des crimes violents dans la capitale.

Port-au-Prince a connu 60,9 meurtres par 100 000 résidants en 2011, le plus haut taux d'homicides recensé dans la ville depuis 2006, selon une étude rendue publique dimanche. Le district de Bel-Air a vu le nombre de meurtres passer de 19 pour 100 000 résidants en 2010 à 50 pour 100 000 résidants à la fin de 2011.

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