POLITIQUE

Gentilly est dangereuse, selon Greenpeace qui fait un coup d'éclat à Québec (VIDÉO)

05/03/2012 12:16 EST | Actualisé 05/05/2012 05:12 EDT
PC

QUÉBEC - La centrale nucléaire de Gentilly-II est dangereuse et il faut la fermer dès cette année, selon Greenpeace, qui a marqué sa position par un coup d'éclat lundi à Québec.

Des militants se sont enchaînés en matinée dans l'édifice Honoré-Mercier, qui abrite les bureaux du premier ministre Jean Charest. L'incident soulève toutefois des questions sur la sécurité des bâtiments sur la colline du parlement.

Les écologistes de Greenpeace s'opposent à la réfection de la centrale, qui est sérieusement considérée par le gouvernement Charest. Ils ont déployé une vaste bannière jaune devant l'immeuble qui faisait référence à l'accident nucléaire de Fukushima survenu il y a bientôt un an au Japon, le 11 mars 2011.

«À la lumière de Fukushima, ça prend des gestes un peu risqués pour faire le point, a déclaré le porte-parole de Greenpeace, Shawn Patrick Stensil. (...) Si quatre militants peuvent entrer dans des édifices du parlement et s'enchaîner, il faut se demander si le même genre d'incident peut survenir à Gentilly-II. L'Assemblée nationale ne pose pas de risque catastrophique pour la population, mais Gentilly pose un tel risque.»

Pour étayer ses revendications, Greenpeace a publié lundi un sondage web réalisé par la maison Léger et Léger, qui suggère que 53 pour cent de la population québécoise souhaite la fermeture de la centrale, au terme de sa vie utile, cette année.

Interrogé à savoir comment le geste des quatre militants pourrait influencer le premier ministre, M. Stensil a indiqué que le geste d'éclat visait surtout à sensibiliser la population.

«La population peut influencer M. Charest. On demande à M. Charest d'écouter la population québécoise, (...) d'être clair avant les élections.»

Selon lui, le Québec doit suivre l'exemple d'autres États, comme la Belgique et l'Allemagne, qui ont décidé de renoncer au nucléaire après Fukushima.

Les quatre militants ont été invités à détacher leurs chaînes et à plier bagages vers midi. Ils ont été reconduits hors du bâtiment par une autre porte, tandis que leurs camarades à l'extérieur ont rangé leur bannière.

Selon Greenpeace, ils sont accusés de troubler la paix, d'entrave, d'introduction dans un édifice public et d'attroupement illégal.

La question demeure: comment ont-ils pu s'introduire dans l'immeuble et s'enchaîner? Ils auraient apparemment pu entrer en suivant un employé. Il semble que personne n'était à la guérite d'entrée, mais le président du syndicat des constables spéciaux, Serge Lefrançois, a défendu ses membres.

Le gardien ouvrier n'est pas rentré au travail lundi matin et un constable a dû s'occuper de deux fonctions, a-t-il affirmé en entrevue. Pendant qu'il était au détecteur, «c'est là que les gens en ont profité pour entrer».

De passage à Toronto, lundi, le premier ministre Jean Charest a néanmoins réitéré la confiance de son gouvernement dans la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly-II.

«Nous attendions le début la remise en état de la centrale de Pointe-Lepreau, au Nouveau-Brunswick», a-t-il précisé.

«Nous attendons, comme d'autres, le rapport de la Commission canadienne de sûreté nucléaire concernant la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima et les leçons qui en ont été tirées, et nous utiliserons bien sûr les conclusions de ce rapport dans le cadre de la remise en état de Gentilly-II­, mais nous voulons que la centrale soit rénovée.»

Le projet de réfection coûterait plus de 2,5 milliards $.

Avant de décider du sort de la centrale, le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, attend un rapport d'Hydro-Québec prévu pour ce printemps, sur la mise à jour de la planification des travaux et des coûts de réfection.