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Entrevue avec Peggy Nash: la plus qualifiée pour diriger le NPD

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PEGGY NASH
En entrevue, Peggy Nash dit être la seule personne capable de remettre le parti en marche après le congrès d'investiture du 24 mars. | CP File

OTTAWA — Selon la candidate à la chefferie du NPD Peggy Nash, aucun rival ne possède les qualifications nécessaires pour combler ce poste. En entrevue au Huffington Post Canada, Mme Nash dit être la seule personne capable de remettre le parti en marche après le congrès d'investiture du 24 mars.

«Tous les candidats ont des qualités manifestes, mais je suis la seule qui possède une expérience aussi vaste. J'ai travaillé dans le secteur public et le secteur privé; j'ai été présidente du parti mais aussi militante sur le terrain, car j'ai mis sur pied de nombreuses associations locales. J'ai une grande expérience électorale puisque je me suis portée candidate quatre fois. J'ai su mobiliser les sympathisants néo-démocrates de ma circonscription et remporter celle-ci à deux reprises. J'estime donc avoir ce qu'il faut pour unir le parti, former une opposition officielle efficace et remporter la prochaine élection générale. »

La députée de Parkdale—High Park, maintenant âgée de 60 ans, a remporté sa première victoire en 2006 avant d'être défaite en 2008 par Gerard Kennedy (connu pour avoir été candidat à la chefferie du Parti libéral). Après avoir reconquis son siège au printemps dernier, Mme Nash a été nommée critique en matière de finances. Jack Layton a ainsi récompensé son expérience acquise chez les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA).

Selon Mme Nash, «posséder une expérience parlementaire est un atout crucial». Une attaque à peine voilée envers l'ancien président du parti Brian Topp, qui n'a jamais été élu député. Une bonne maîtrise des deux langues officielles figure aussi dans ses cartes, ce qui lui donne un avantage sur Paul Dewar, un député d'Ottawa au français hésitant.

Au cours des trois prochaines semaines, l'objectif de Peggy Nash consistera à rejoindre le plus de membres du NPD possible afin de convaincre les indécis. « Beaucoup de membres hésitent encore », a-t-elle expliqué. « Et parmi ceux qui appuient un autre candidat, beaucoup n'ont pas réfléchi à leur deuxième ou troisième choix. »

Le vote par anticipation a commencé jeudi dernier et il reste peu de temps à Mme Nash pour se faire entendre. Or aucun candidat n'a réussi à prendre une avance très nette jusqu'à maintenant. Ses chances demeurent excellentes, d'autant plus qu'elle compte sur de nombreux appuis dans la députation du NPD et au Québec en général.

Le député d'Outremont Thomas Mulcair est le seul à bénéficier d'une popularité plus grande chez les élus néo-démocrates. Celui-ci peut compter sur le soutien de 42 députés (sur un total de 101). Cependant, des informations embarrassantes ont fait surface la semaine dernière. Le Parti conservateur a révélé que M. Mulcair avait considéré la possibilité de se présenter sous sa bannière avant de joindre le NPD.

Interrogée à cet effet, Mme Nash n'a pas osé critiquer son concurrent. « Il a refusé clairement de s'allier aux Conservateurs. Ses prises de position sont conformes à l'idéal social-démocrate. Il faut le juger par sa feuille de route. »

La prudence de Mme Nash s'explique facilement. Les membres du NPD éliront leur chef par un mode de scrutin préférentiel, et il est dans le meilleur intérêt des candidats de modérer leurs attaques.

Rappelons que deux prétendants à la chefferie se sont retirés de la course, soit Robert Chisholm et Roméo Saganash.
Peggy Nash, Thomas Mulcair, Paul Dewar et Brian Topp continuent de faire campagne à travers le pays. C'est aussi le cas de Nathan Cullen, de Martin Singh et de Niki Ashton.

Au plan idéologique, Mme Nash a reconnu qu'il est difficile de faire la différence entre les nombreux candidats – raison de plus de voter pour la personne possédant les meilleures aptitudes organisationnelles.

« Il y a de petites variations d'une personne à l'autre, mais nous appartenons tous au même parti. Nos opinions politiques sont similaires. Par conséquent, les membres devront tenir compte de la capacité du candidat à devenir un chef de l'opposition redoutable dès le premier jour de son mandat. »

Par ailleurs, le NPD devra absolument régler son problème de financement. La fin des subventions accordées au prorata des votes obtenus privera le parti de plusieurs millions de dollars au cours des quatre prochaines années. En ce qui concerne les dons, le Parti conservateur et le Parti libéral recueillent des sommes beaucoup plus importantes.

En cas de victoire, Mme Nash espère donc poursuivre la modernisation du NPD, en adoptant les nouvelles technologies qui lui permettront de concurrencer le Parti conservateur en matière de levée de fonds.

Le travail ne manquera pas non plus au Québec, où il faut mettre sur pied des associations de circonscription quasi inexistantes. « Les Québécois ont voté pour nous en grand nombre. Il faut leur montrer que nous sommes dignes de leur appui, leur rappeler que nous défendons leurs intérêts. »

En matière de gouvernance, Peggy Nash entend faire de l'économie son cheval de bataille et prouver aux électeurs que le NPD peut faire une saine gestion des finances publiques.

« Nous avons d'excellentes idées pour développer le pays à long terme », a-t-elle précisé. « Pour offrir des emplois aux jeunes et développer les régions, il y a bien mieux à faire que d'extraire les ressources naturelles et les exporter aussitôt. »

Enfin, la candidate espère séduire les quelque 40 pour cent d'électeurs qui n'ont pas daigné se présenter aux urnes le 2 mai dernier. « Bon nombre de Canadiens – ceux travaillant au bas de l'échelle salariale en particulier – se disent fatigués de la politique. Il faudra regagner leur confiance, leur donner de l'espoir. »

Dans la même veine, Mme Nash croit qu'il est possible de gagner des votes parmi les couches de la population qui n'ont jamais appuyé le NPD. «Dans le passé, beaucoup de gens favorables à nos idées se disaient découragés par nos piètres résultats électoraux. Désormais, je leur réponds que le pouvoir est à portée de main. Il est temps de travailler ensemble.»

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