NOUVELLES

Syrie: la Croix-Rouge toujours interdite d'accès à Homs

04/03/2012 06:50 EST | Actualisé 04/05/2012 05:12 EDT

BEIRUT - La Croix-Rouge internationale s'efforçait dimanche d'accéder au quartier de Baba Amr à Homs (centre), où les autorités syriennes bloquent toujours un convoi d'aide humanitaire pour les milliers de civils pris au piège.

Selon Shueib Shaaban de la Société du Croissant-Rouge syrien, le gouverneur de Homs a déclaré que l'aide humanitaire pourrait entrer mardi. Un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) transportant 15 tonnes de vivres et équipements de première urgence avait quitté vendredi Damas à destination de Homs, après un feu vert du régime alaouite. Mais le convoi, une fois arrivé sur place, n'a pas reçu l'autorisation d'entrer à Baba Amr, sans explication du gouvernement syrien, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

"Il est inacceptable que des gens qui ont besoin depuis des semaines d'une aide d'urgence n'aient encore reçu aucun secours", a déploré Jakob Kellenberger, président du CICR. "Nous sommes toujours en négociations pour entrer à Baba Amr", a précisé le porte-parole de l'organisation humanitaire, Hicham Hassan. Les forces syriennes ont repris jeudi le contrôle du quartier de Baba Amr bombardé depuis des semaines, après le retrait des insurgés.

Selon les militants syriens, la situation humanitaire est dramatique: l'eau, l'électricité sont coupées malgré une météo glaciale, ainsi que les communications. Les vivres, les médicaments manquent. Tout en essayant d'accéder à Baba Amr, la Croix-Rouge a commencé à apporter de l'aide aux habitants d'Abel, une localité située à trois kilomètres de Homs, et dans les faubourgs d'Inshaat et Tawzii. "Les besoins sont principalement de la nourriture et aussi des couvertures à cause du froid", a déclaré Hicham Hassan.

Sur le plan diplomatique, la Chine a appelé dimanche toutes les parties en Syrie à cesser "immédiatement" les violences et à entamer des pourparlers. Pékin, qui a opposé avec Moscou son véto à l'adoption au Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution condamnant la répression syrienne, a réaffirmé réfuser toute "ingérence" étrangère en Syrie.

"Nous nous opposons à ce que quiconque intervienne dans les affaires intérieures de la Syrie sous le pretexte de questions humanitaires", selon le communiqué publié par le ministère chinois des Affaires étrangères. La Chine "désapprouve toute intervention armée ou toute pression pour un 'changement de régime' en Syrie et considère que l'emploi de menaces ou de sanctions n'aide pas à résoudre ce dossier", ajoute ce texte.

Par ailleurs, les corps des deux journalistes occidentaux tués à Homs en Syrie, le Français Rémi Ochlik et l'Américaine Marie Colvin, sont arrivés dimanche matin à Paris, a-t-on appris auprès du ministère français des Affaires étrangères.

Leurs dépouilles ont été ramenées par un vol régulier d'Air France entre Damas et Paris, qui a atterri en début de matinée à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, précise le Quai d'Orsay. Le corps de Marie Colvin, correspondante de l'hebdomadaire britannique "Sunday Times", a été remis à l'ambassade américaine.

Dix jours après leur mort, le 22 février lors d'un bombardement sur Homs, dans le centre de la Syrie, les corps des deux journalistes avaient finalement été restitués samedi à Damas aux représentants de leurs pays. Le Croissant rouge syrien avait remis les corps à l'ambassadeur de France à Damas Eric Chevallier et à un diplomate polonais, la Pologne représentant les intérêts américains en Syrie.

Marie Colvin, 56 ans, correspondante de l'hebdomadaire britannique "Sunday Times", et Rémi Ochlik, photojournaliste indépendant de 28 ans, étaient entrés clandestinement en Syrie, où la répression du mouvement de contestation entamé en mars 2011 a fait plus de 8.000 morts selon un bilan des militants syriens des droits de l'homme.

Les journalistes se sont retrouvés pris au piège des bombardements sur le quartier de Baba Amr, dans une maison transformée en centre de presse improvisé. Deux journalistes français blessés lors de ce bombardement, Edith Bouvier et William Daniels, sont rentrés en France vendredi après-midi après avoir pu quitter Baba Amr grâce à des militants syriens et rejoindre le Liban. AP

sb-ll/div

PLUS:pc