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Prêt-à-porter: haute-technologie chez Miyake, tradition chez Hermès

04/03/2012 01:28 EST | Actualisé 04/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Au coeur des présentations de prêt-à-porter de l'automne/hiver prochain, les créateurs de mode ont établi dimanche la preuve que le secteur doit autant compter sur des savoir-faire venus d'ailleurs et tournés vers l'avenir et les hautes technologies que sur une tradition locale nourrie de ses acquis.

Fidèle du calendrier parisien depuis 1974, la marque Issey Miyake cultive sa différence, quasiment à contre-courant de certains dogmes ou d'idées toutes faites qui font florès en Europe occidentale à l'heure de la globalisation des marchés.

La maison poursuit en effet au Japon et sous la houlette de M. Miyake en personne un véritable travail de recherche "en laboratoire", qui permet des trouvailles régulières, notamment dans les tissus et matières de haute technologie. Fière de "penser, créer et fabriquer au Japon", la griffe n'est pas moins fière de présenter son travail "à Paris", explique le directeur de création de 36 ans, Yoshiyuki Miyamae, qui a justement travaillé des années au côté de M. Miyake.

Dès les premières silhouettes, le "mix matched" maison, cette technique qui tente de faire cohabiter les nouvelles matières et les tissus traditionnels, fait justement coexister une maille tricotée main pour un pull "oversized" avec des leggings de guipure à découpes "micro" au laser.

Plus loin, des motifs "puzzle" géométriques vert-de-gris en soie technique jouent à s'emboîter, ou pas, sur les poignets, l'encolure, les épaules d'une robe manteau de popeline glacée ou sur les basques d'un veste de tailleur pantalon. Sur les collants ou sur les pans de manteaux des kaléidoscopes de polygones imaginent les formes et les teintes des vitraux du futur.

Des effets coquillage façon 3D sont obtenus sur les hanches d'une robe de jersey de soie gris perle et bleu électrique, en fronçant, en froissant ou en gaufrant plusieurs épaisseurs de tissus comme passés dans des moules de thermoformage. Des tissus ajourés en minces filets de microfibre enserrent une doudoune multicolore comme dans une cage trop étroite dont elle voudrait s'échapper.

Là, une longue frise de soie multicolore imprimée de fleurs chatoyantes naît sur l'encolure d'un manteau en laine rouge cramoisi, puis se transforme en large capuche couvrante, avant de poursuivre en recouvrant l'autre opposée et finalement venir "habiller" toute la manche.

Chez Hermès, Christophe Lemaire poursuit son travail de revalorisation des codes maison. Il tente la version "gaucha" en chapeau feutre et longue tunique de laine ou de cuir flou. Sauf que Gaultier l'avait en son temps bel et bien usée jusqu'à la corde...

Pas facile de sortir de l'univers sellier, même si c'est dans le détail que Lemaire s'en tire le mieux. De vraies ceintures de cuir en volumes gravés font de suite la différence tout comme des ponchos d'alpaga brut indigo ou de longs manteaux de laine à la coupe militaire.

Plus originale, une large parka de laine proposée en camaïeu de bleus à motifs en empiècements se porte sur une tenue de cow-girl en cuir revisitée. Classiques et fidèles à l'ADN maison, de souples tenues en peau se déclinent en autant de robes, tuniques et même en de faux joggings dans les teintes de saison, rouille, bronze, bleu pétrole ou vermillon. AP

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