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Poutine remporte sans surprise la présidentielle, selon les projections

04/03/2012 01:03 EST | Actualisé 04/05/2012 05:12 EDT

Après un intermède de quatre ans, Vladimir Poutine va retrouver son fauteuil de chef d'Etat au Kremlin. Selon des sondages sortie des urnes cités par la télévision publique, il a remporté dimanche l'élection présidentielle en Russie, mais l'opposition et des observateurs indépendants ont affirmé que le scrutin avait été entaché de nombreuses fraudes.

M. Poutine a remporté 58% des suffrages, selon un sondage sortie des urnes réalisé par l'institut VTsIOM pour la première chaîne de télévision. Un autre sondage sortie des urnes, réalisé par l'institut FOM, lui attribue 59% des voix. Et les premiers résultats partiels, basés sur 14% des bulletins de vote dépouillés, lui donnent 62% des suffrages, selon la Commission centrale électorale.

Le candidat du Parti communiste Guennadi Ziouganov arriverait en deuxième position, avec 18% des voix. Les trois autres candidats -l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, Sergueï Mironov du parti Russie Juste et le milliardaire Mikhaïl Prokhorov- sont crédités quant à eux de moins de 10% des suffrages.

Si elles sont confirmées, les allégations de fraudes pourraient saper la légitimité de la victoire de M. Poutine et alimenter le mouvement de contestation. L'opposition se prépare pour une manifestation massive lundi dans le centre de Moscou.

A midi heure locale à Moscou, l'organisme indépendant de surveillance du scrutin Golos disait ainsi enregistrer plus d'un millier de plaintes dénonçant des irrégularités présumées, allant des listes électorales douteuses à la panne des nouvelles webcams que Vladimir Poutine avait fait installer dans les bureaux de vote.

De surcroît, "il y a eu beaucoup de gens qui ont voté plus d'une fois" à Moscou, a déclaré Lilia Chibanova de Golos. Cette pratique du "vote manège" consiste à emmener en autocar des électeurs faire la tournée des bureaux de vote afin de voter plusieurs fois, a-t-elle expliqué. Des faits similaires ont été signalés à Novossibirsk, troisième ville de Russie, et à Barnaoul en Sibérie, a ajouté Mme Chibanova.

"Ces élections ne sont pas libres", dénonçait déjà Mikhaïl Kassianov, un ancien Premier ministre de Vladimir Poutine passé depuis dans l'opposition. "Nous ne reconnaîtrons pas le président comme légitime", a-t-il dit. "On s'attendait bien sûr à des votes manège, mais pas de cette ampleur", a de son côté commenté sur son compte Twitter Alexeï Navalny, avocat anti-corruption, blogueur influent et figure de proue de l'opposition.

"Ces élections ne vont pas être honnêtes, mais nous ne devons pas fléchir", a déclaré en allant voter l'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, de plus en plus critique envers Vladimir Poutine. "Des élections honnêtes, cela doit être notre objectif constant, pendant des années, pour que ça arrive", a-t-il ajouté.

Les allégations de fraudes massives lors des législatives de décembre dernier, remportées par le parti de Vladimir Poutine, Russie Unie, ont suscité des manifestations de protestation sans précédent contre le maître de Moscou. Pour autant, malgré un mécontentement croissant dans le pays, les sondages lui prédisaient une victoire facile face à ses quatre rivaux.

Vladimir Poutine a balayé les accusations des manifestants, qu'il dépeint comme une petite minorité de l'élite urbaine, dupés par des Occidentaux qui cherchent selon lui à diminuer la Russie. Mais il a ostensiblement ordonné l'installation de caméras web dans tous les bureaux de vote.

A 59 ans, l'ancien colonel du KGB a déjà été président de 2000 à 2008, enchaînant deux mandats de quatre ans. La Constitution ne lui permettant pas de briguer un troisième mandat consécutif, il a ensuite servi comme Premier ministre, laissant la présidence à son dauphin, Dimitri Medvedev, qui devrait désormais le remplacer à la tête du gouvernement.

Pendant la parenthèse Medvedev, le mandat présidentiel a été allongé à six ans renouvelable une fois, ce qui permettrait à Vladimir Poutine, s'il est réélu, de passer douze nouvelles années au Kremlin. Il cumulerait 24 années de pouvoir, plus que tout autre dirigeant soviétique ou russe avant lui, excepté Joseph Staline. AP

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