NPD: les candidats à la chefferie se retrouvent à Montréal

Publication: Mis à jour:

MONTRÉAL - Signe qu'il est bien perçu comme meneur de la course, Thomas Mulcair a été la principale cible des attaques des autres candidats à la direction du Nouveau Parti démocratique (NPD) à l'occasion d'un débat tenu à Montréal.

Les sept candidats à la succession de Jack Layton ont croisé le fer pour une avant-dernière fois dimanche, alors que le vote par anticipation des militants a déjà débuté. Selon les organisateurs, près de 1000 militants ont assisté en personne aux échanges des Thomas Mulcair, Peggy Nash, Nathan Cullen, Niki Ashton, Paul Dewar, Brian Topp et Martin Singh.

Le député d'Outremont a dû répondre à des questions lui étant spécifiquement adressées par les autres candidats, tant sur sa vision du parti et de son financement, que sur la politique fiscale qu'il privilégierait et sur la pertinence de la représentation proportionnelle. Mais M. Mulcair n'a pas semblé déstabilisé par les questions de ses collègues.

«C'est vrai qu'il y a eu des attaques, mais on s'y attendait aussi», a signalé M. Mulcair à l'issue des discussions. Certains l'accusent — Brian Topp en tête — de vouloir amener le parti trop à droite, dans un style s'apparentant à l'ancien premier ministre britannique Tony Blair. Dans sa plate-forme, M. Topp a pour sa part proposé d'augmenter les impôts des particuliers les plus riches.

«Tous les partis qui ont suivi l'idéologie de Tony Blair et celle que je pense que vous proposez ont été battus aux dernières élections (...). Pourquoi veux-tu adopter un agenda qui a mené tous ces partis à la défaite?», a demandé M. Topp, en français, à son rival.

M. Mulcair a répliqué qu'il poursuivait plutôt le travail commencé par Jack Layton en matière de politique fiscale.

«Je veux qu'on continue d'aller vers l'avant, je ne veux pas qu'on commence à reculer, qu'on tombe dans les ornières de notre vieille façon de regarder les choses», a-t-il tranché.

Il est à noter qu'aucun candidat n'a tenté d'attaquer M. Mulcair sur le fait qu'il avait été approché par le Parti conservateur lorsqu'il a démissionné de son poste de ministre du cabinet Charest. Certains médias ont récemment évoqué l'affaire, faisant état de rumeurs voulant que le député d'Outremont n'ait pas trouvé l'offre conservatrice assez alléchante. M. Mulcair a été le seul à évoquer l'épisode dans sa déclaration d'ouverture en signalant qu'il avait «choisi» de joindre les rangs de Jack Layton en 2007.

Paul Dewar, qui prétend être le premier «deuxième choix» d'une grande partie de militants, s'est lui aussi fait grandement questionner, notamment sur sa maîtrise du français.

«Pensez-vous que c'est légitime pour les néo-démocrates de faire la demande que leur chef soit bilingue?», a lancé la députée manitobaine Niki Ashton, en référence aux critiques qui se sont élevées autour de la candidature de M. Dewar.

«C'est crucial que le chef du NPD soit bilingue. Mon français s'est amélioré jour après jour», a dû se défendre le député d'Ottawa-Centre.

Fédéralisme asymétrique

Les échanges des aspirants au leadership du parti fédéral de gauche étaient animés par l'ex-leader de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, une figure marquante de la droite au Québec. Au NPD, on souhaitait que ce contraste crée un débat intéressant et attire un public qui ne suivait pas nécessairement la campagne néo-démocrate. M. Dumont est cependant resté plutôt discret, modérant les échanges en s'y tenant aux questions prévues.

Le débat s'est déroulé majoritairement en français et portait officiellement sur les politiques et initiatives pouvant unir et renforcer le Canada.

À ce sujet, les candidats ont été plutôt unanimes, se rangeant derrière la fameuse déclaration de Sherbrooke et la nécessité de mettre en vigueur un fédéralisme asymétrique. Nathan Cullen a cependant suggéré en riant qu'on trouve un synonyme plus «sexy» au terme, afin d'être davantage en mesure de vendre l'idée.

Peggy Nash a quant à elle insisté sur l'importance de l'art et de la culture dans l'expression de l'identité québécoise, alors que Thomas Mulcair a évoqué l'urgence d'abolir les écoles passerelles au Québec. Plusieurs ont parlé de la nécessité de nommer des juges bilingues à la Cour suprême du Canada.

Les quelque 131 000 membres du NPD peuvent exercer leur droit de vote depuis jeudi par la poste ou sur le site du parti. Le nouveau chef sera connu le 24 mars, lors d’un congrès à Toronto.

M. Mulcair mène la bataille des levées de fonds, ayant récolté selon des données préliminaires un peu plus de 205 000 $, comparé à 182 000$ pour M. Topp et 144 000$ pour M. Dewar. Mme Ashton, la candidate qui a amassé le moins de dons, a récolté 29 000$.