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Incendie et explosions dans un dépôt d'armes à Brazzaville: au moins 206 morts

04/03/2012 01:31 EST | Actualisé 04/05/2012 05:12 EDT

BRAZZAVILLE, Congo - Au moins 206 morts étaient recensés dimanche à Brazzaville après la série d'explosions qui a secoué la capitale congolaise dans la matinée. Ces déflagrations ont été provoquées par un incendie dans un dépôt de munitions, selon les autorités.

Les explosions ont fait s'effondrer plusieurs bâtiments de la capitale, tandis que plus de 2000 personnes ont fui leurs maisons. Dans l'après-midi, au moins 136 corps avaient été transportés dans une morgue de la capitale congolaise. Une source hospitalière a ensuite fait état de 70 autres personnes décédées.

Selon Bienvenu Okyemi, un porte-parole du gouvernement, un court-circuit serait à l'origine de l'incendie, qui aurait fait environ 1500 blessés, selon un bilan livré par M. Okyemi à la radio nationale.

D'après un porte-parole de la présidence, Didier Boutsindi, plusieurs fidèles ont péri dans l'effondrement d'une église. "Nombre des fidèles sont prisonniers des décombres de l'église", a-t-il dit. "Plusieurs personnes décédées ont été sorties et je peux confirmer qu'il y a d'autres morts à l'intérieur".

Il a ajouté que d'autres personnes avaient été tuées dans leurs maisons. "Mon oncle fait partie des personnes tuées", a-t-il affirmé. "Il a été tué par l'effondrement de sa maison, alors qu'il était en train de dormir."

Le souffle aurait été tellement fort que les portes des habitations se sont ouvertes brutalement au centre-ville, pourtant situé loin des quartiers d'où ont été entendues les détonations.

Pris de peur, plusieurs habitants ont fui les quartiers nord pour rejoindre le sud de la ville. Les explosions ont également été entendues à Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), située de l'autre côté du fleuve Congo, à dix kilomètres de Brazzaville.

Le dépôt de munitions se trouve près de la résidence privée du président Denis Sassou-Nguesso, mais il se trouvait dans sa résidence officielle dans une autre partie de la ville au moment du drame, et il n'a pas été blessé. Il s'est ensuite rendu à la morgue, dans un hôpital et à l'hôpital militaire, mais il n'a pas fait de déclaration publique.

Le ministre de la Défense, Charles Zacharie Boawo, s'est en revanche exprimé à la télévision pour appeler au calme. "Les explosions que vous avez entendues ne signifient pas qu'il y a une guerre ou un coup d'Etat", a-t-il déclaré. "Cela ne signifie pas non plus qu'il y a une mutinerie. C'est un incident provoqué par un incendie dans un dépôt de munitions."

Des habitants de Brazzaville ont évoqué des scènes "apocalyptiques". "C'est comme si un tsunami était passé par là", a affirmé Christine Ibata, une étudiante.

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