DIVERTISSEMENT

Café de Flore ferme boutique en France

04/03/2012 04:11 EST | Actualisé 04/05/2012 05:12 EDT
Capture d'écran

PARIS - Ça en est fini de la carrière française de «Café de Flore». Le film de Jean-Marc Vallée a quitté l’affiche à Paris la semaine dernière et n’était plus présenté ce week-end que dans une poignée de salles en province.

Le long métrage a accumulé à ce jour moins de 85 000 entrées et ne devrait pas faire beaucoup mieux. Au moment de fermer boutique dans la capitale, «Café de Flore», programmé dans deux salles pour sa dernière semaine d’exploitation, n’avait attiré que 55 spectateurs parisiens, indique-t-on.

Le film a connu au Québec le succès que l’on sait et est en lice dans 13 catégories pour la prochaine remise des Prix Génie, qui a lieu jeudi et dont il est un des grands favoris. En revanche, le public français, qui avait adoré C.R.A.Z.Y. (500 000 spectateurs), n’a pas adhéré à la proposition que lui faisait Jean-Marc Vallée. La critique, celle qui compte le plus en tout cas, avait par ailleurs démoli ce drame au moment de sa sortie le 25 janvier.

Le géant français du cinéma UGC, coproducteur du long métrage, n’avait pas ménagé ses efforts pourtant pour assurer son succès: sortie dans 106 salles, grosse campagne d’affichage, avant-première Place de l’Odéon en présence de la vedette Vanessa Paradis, qui s’est engagée à fond dans la promotion du film.

Mais rien à faire: dès la première et fatidique séance parisienne du mercredi, «Café de Flore» avait «bu la tasse», comme l’avait noté le magazine Première. Certes, le film avait connu le troisième «meilleur démarrage» au box-office (avec 45 spectateurs par écran en moyenne). Mais il était loin derrière le deuxième volet de «Sherlock Holmes» (136 spectateurs) et «The Descendants», avec George Clooney (107 spectateurs).

Deux semaines plus tard, l’échec était consommé et Libération, dans un jugement sans appel, parlait d’un «gros bide pour Vanessa Paradis». Celle-ci réalise d'ailleurs une des plus mauvaises performances de sa carrière d’actrice, loin derrière les 3,8 millions d’entrées de son film précédent, la comédie romantique «L’Arnacoeur», avec Romain Duris.

Il faut dire aussi que la presse de référence avait majoritairement assassiné «Café de flore». Le Monde, Les Inrocks, Télérama, Le Point, le gratuit "20 minutes" et même le quotidien populaire «Le Parisien» l'avait taillé en pièces, parlant d'un «pensum» «mystico-benêt» enserré dans une «tambouille new age», à la fois «grandiloquent», «inutilement alambiqué», «naïf et prétentieux», «tarabiscoté», «maniéré», «enflé», «fumeux» et d’une «extravagante nunucherie» !

Dans ce concert de critiques au lance-flammes, quelques notes enthousiastes s’étaient fait entendre, notamment du côté de «L’Express», des «Echos» ou du journal gratuit «Métro». Mais en général, même les commentaires positifs étaient teintés de nuances et de réserves. «Surprenant mais aussi bancal», avait par exemple dit le Figaroscope pendant que «La Croix» déplorait, après avoir parlé d'une «oeuvre étrange et belle», les facilités dont Vallée «abuse jusqu'au vertige».

Quant au site cinéma «Excessif», il aura émis à l’endroit du film des avis divergents. Il avait d’un côté estimé que le film était «dans son genre un bijou», mais de l’autre, il l’avait descendu. «Le problème, c'est que l'on se croirait chez Lelouch et Jaco Van Dormael dans leurs pires moments», avait écrit «Excessif», ce qui n’est pas un compliment. Au final, le site n’avait accordé que deux étoiles sur cinq à «Café de Flore».