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Syrie: l'armée bombarde Homs, où le convoi du CICR est toujours bloqué

03/03/2012 07:21 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

Les troupes syriennes continuaient samedi de bombarder la ville d'Homs (centre), où les autorités bloquent toujours un convoi d'aide humanitaire de la Croix-Rouge internationale. Celle-ci tente depuis plusieurs jours d'accéder aux milliers de civils pris au piège dans le quartier de Baba Amr.

Selon les Comités locaux de coordination de coordination, un réseau de militants syriens, des obus se sont abattus samedi matin sur les quartiers de Khaldiyeh, Bab Sbaa et Khader. Abou Hassan el-Homsi, un médecin d'une clinique de fortune du quartier de Khaldiyeh, dit avoir soigné une dizaine de blessés.

"C'est devenu une routine, les obus de mortier commencent à tomber tôt le matin", explique le médecin en ajoutant que plusieurs habitations ont été détruites par les tirs d'artillerie. A Baba Amr, dont les forces syriennes ont pris le contrôle au cours de la semaine après le retrait des insurgés, des milliers de civils attendaient désespérément de l'aide.

Un convoi du CICR transportant 15 tonnes de vivres et équipements de première urgence a quitté vendredi Damas à destination de Homs, après un feu vert du régime alaouite. Mais le convoi, une fois arrivé sur place, n'a pas reçu l'autorisation d'entrer à Baba Amr, sans explication du gouvernement syrien, selon le Comité international de la Croix-Rouge.

"Il est inacceptable que des gens qui ont besoin depuis des semaines d'une aide d'urgence n'aient encore reçu aucun secours", a déploré Jakob Kellenberger, président du CICR. "Nous sommes toujours en négociations pour entrer à Baba Amr", a précisé le porte-parole de l'organisation humanitaire, Hicham Hassan. "Il est important que nous puissions entrer aujourd'hui. Nous n'allons pas abandonner", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé le régime de Damas à laisser passer le convoi d'aide humanitaire. "Les images que nous voyons en Syrie sont atroces. C'est totalement inacceptable, intolérable. Comment peut-on, en tant qu'être humain, tolérer cette situation?", s'est demandé M. Ban.

Par ailleurs, un attentat-suicide à la voiture piégée a fait samedi matin deux morts et 20 blessés à Deraa dans le sud du pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une organisation de militants basée en Grande-Bretagne. L'agence de presse officielle syrienne SANA a fait état de plusieurs victimes, dont des civils et des membres des forces de sécurité. Cette ville est le berceau du soulèvement contre le régime du président Bachar el-Assad. C'est là qu'avaient éclaté les premières manifestations il y a presque un an. AP

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