NOUVELLES

Rapports d'enquête conflictuels dans l'affaire des Corans brûlés en Afghanistan

03/03/2012 07:21 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

KABOUL - Selon une enquête sur l'autodafé de livres saints musulmans commis sur une base militaire américaine en Afghanistan, il s'agirait d'une erreur impliquant au moins cinq Américains qui pourraient comparaître devant un conseil disciplinaire, a annoncé samedi un responsable occidental, mais des enquêteurs afghans ont affirmé qu'il s'agissait d'une profanation voulue.

Les témoignages discordants soulignent la hausse des tensions entre les deux pays malgré des excuses du président américain Barack Obama et d'autres responsables américains à la suite de la découverte, le 20 février, de Corans calcinés et d'autres exemples de littérature religieuse dans une fosse de la base aérienne de Bagram, au nord de Kaboul.

La colère suscitée par ces autodafés a déjà causé la mort de plus de 30 afghans lors de violentes manifestations, ainsi que celle de six soldats américains qui ont été abattus par des membres des forces de sécurité afghanes.

Un responsable occidental a déclaré à l'Associated Press que les découvertes préliminaires provenant d'une enquête conjointe par de hauts responsables militaires afghans et américains ordonnée par le général de la marine John Allen les avaient convaincus que bien que des erreurs avaient été commises, il n'y avait eu aucune intention de profaner les Corans ou d'autres textes.

La controverse a débuté lorsque des Corans et d'autres textes islamiques ont été retirés de la bibliothèque de la prison de Parwan, puis emportés à une fosse adjacente à la base de Bagram pour y être brûlés.

Le responsable occidental a confirmé des informations selon lesquelles des inscriptions extrémistes avaient été découvertes à l'intérieur des textes, y compris des messages échangés entre les prisonniers. Il a indiqué qu'après cette découverte, deux traducteurs américains d'orgine afghane ont examiné les publications de la bibliothèque, et que 1652 livres et textes marqués de la même manière ont été retirés et placés dans des boîtes.

Une décision de se débarrasser de ces textes a été prise en raison d'un manque d'espace et en raison de la teneur des messages inscrits à l'intérieur, mais un groupe de trois soldats chargés de se débarrasser des déchets a retiré les livres saints avant que la procédure pour se débarrasser des textes ait pu être menée à terme, a dit le responsable. Ces soldats, sans savoir ce qu'ils faisaient, ont jeté les livres dans la fosse pour les y brûler. Selon le responsable, aucun matériel n'a été détruit avant d'être retiré par les interprètes chargés de leur identification.

PLUS:pc