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Prêt-à-porter: épure chez Ackermann, "femme-loup" sexy chez Viktor & Rolf

03/03/2012 12:10 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

PARIS - Lignes simplifiées et visant l'épure chez Haider Ackermann ou silhouettes déroutantes mêlant fourrure et lingerie chez Viktor & Rolf: quelques tendances de l'automne/hiver prochain se sont dégagées samedi sur les podiums parisiens à l'occasion de la cinquième journée des collections de prêt-à-porter.

Moins inspiré par ses périples autour du monde et plus en recherche d'une identité propre, Haider Ackermann s'est attelé à définir celle-ci à travers l'épure de la coupe. Autant dire une technique dans laquelle il excelle.

Les nombreuses vestes à l'épaule plus arrondies ne s'embarrassent plus de revers ni de boutonnages. Parfois proposées en cache-coeur, elles sont garnies de basques ou maintenues à la taille par de larges doubles ceintures de cuir, ou encore par des noeuds "obi" de satin. Un petit clin d'oeil à l'art vestimentaire nippon et un détail qui casse la ligne tout en s'amusant de l'opposition des matières et des couleurs.

Des "queues de pie" s'invitent sur l'avant de robes-manteaux de laine opulentes, de jupes et de tailleurs de cuir cintrés à l'extrême. Vestige de la tendance "color block" qui a sévi à la dernière saison et qui misait sur le jeu des teintes franches apparentées pour une même silhouette: une tenue composée d'un manteau de laine "ouvert" couleur terre de Sienne se porte sur une chemise de soie "floue" dont l'un des pans est négligemment passé sous la ceinture. Un pantalon crayon en laine et jersey moutarde complète cet ensemble aux reflets automnaux.

Presque aussi sourde qu'à l'accoutumée, la palette d'Ackermann puise d'ailleurs parmi les teintes de saison: pourpre ténébreux, lie-de-vin, caca d'oie ou chocolat. Une palette à laquelle le créateur ajoute quelques nuances de bleu électrique atténué. Il mise aussi sur l'aspect métallique du bronze et de l'or pour deux paires de leggings, les deux seules pièces "près du corps" de la collection.

Sans doute influencés par l'immense pleine lune surplombant le fond du décor, Viktor Horsting et Rolf Snoeren, pour leur marque Viktor & Rolf ont imaginé une femme hybride, aux tendances lycanthropiques qui déambulerait en fourrure par les longues et froides nuits d'hiver. De la fourrure non pas portée "sur" mais "avec" de la lingerie.

Pour ce faire, les duettistes néerlandais ont taillé, coupé, rasé en courbes sinusoïdales ou en "V" (debout ou inversé) des pans de renard argenté, d'astrakan ou de chevrette, qu'ils ont placés et cousus en motifs graphiques sur des manteaux et des robes de laine.

Ces volumes "oversized" de poils évoquent des patchworks, parfois "griffés" de zébrures noires, là où apparaît le tissu du vêtement, renforçant ainsi l'effet de superposition des matières.

Pour les nuits plus clémentes, d'autres tenues sont composées de pièces de fourrure en longueur mises bout-à-bout et travaillées comme les mailles d'un filet, puis fixées à un haut de robe. Ces éléments couvrent à peine de la lingerie: culotte haute de dentelle et guipure et paire de bas de soie noire. Une ébauche de robe, qui laisse en revanche le buste nu, mais sobrement parachevée d'un voile de mousseline et tulle tombant à l'arrière sur les cuisses et les mollets. AP

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