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Les corps des journalistes tués en Syrie ont quitté le pays pour être rapatriés

03/03/2012 08:40 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

DAMAS, Syrie - Dix jours après leur mort, les dépouilles des deux journalistes occidentaux tués à Homs, dans le centre de la Syrie, le Français Rémi Ochlik et l'Américaine Marie Colvin, ont été remises à Damas aux représentants de leurs pays, pour être ensuite emportées à bord d'un avion français à destination de Paris.

Le Croissant rouge syrien a remis les corps à l'ambassadeur de France à Damas Eric Chevallier et à un diplomate polonais, la Pologne représentant les intérêts américains en Syrie. Les corps dans des cercueils marron placés sur des brancards ont été restitués devant l'hôpital Assad à Damas avant d'être évacués à bord d'une ambulance. Leurs effets personnels avaient été placés dans des sacs de plastique noir.

Le ministre polonais des Affaires étrangères, à Varsovie, a indiqué que les corps de Mme Colvin et de M. Ochlik avaient quitté la Syrie tard samedi.

Aucun autre détail n'a été donné.

Vendredi soir, un porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, Bijan Farnoudi, avait annoncé que l'organisation humanitaire avait reçu les dépouilles des deux journalistes occidentaux et allait les transférer à Damas. Les ambassadeurs français, Eric Chevalier, et polonais, Michal Murkocinski, avaient ensuite identifié les corps dans une morgue de la capitale syrienne, selon le ministère polonais des Affaires étrangères.

Jeudi, des vidéos diffusées par des militants syriens avaient montré que les deux journalistes avaient été enterrés dans le quartier de Baba Amr à Homs. Mais le gouvernement syrien a fait savoir qu'ils avaient été exhumés et seraient rendus à leurs pays respectifs.

Les deux journalistes avaient été tués le 22 février dans des bombardements sur Homs, dans le centre de la Syrie, épicentre de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad, pilonné sans relâche depuis plusieurs semaines par les troupes syriennes.

Marie Colvin, 56 ans, correspondante de l'hebdomadaire britannique «Sunday Times», et Rémi Ochlik, photojournaliste indépendant, étaient entrés clandestinement en Syrie pour pouvoir couvrir la répression menée par le régime de Damas, qui a fait plus de 8.000 morts depuis le début du soulèvement il y a près d'un an, selon les militants syriens. Ils se sont retrouvés pris au piège des bombardements sur le quartier de Baba Amr.

Deux autres journalistes occidentaux, la Française Edith Bouvier et le Britannique Paul Conroy, avaient été blessés durant la même attaque. Tous deux ont finalement pu être exfiltrés tour à tour au Liban cette semaine, lors de dangereuses expéditions organisées par des militants syriens.

Vendredi, Edith Bouvier, employée par «Le Figaro», qui souffrait de multiples fractures à la jambe, et le photographe français William Daniels, qui se trouvait aussi à Homs mais n'avait pas été blessé, avaient enfin regagné la France.

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