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La demande minière au Labrador crée une crise immobilière importante

03/03/2012 04:21 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

SAINT-JEAN, T.-N.-L. - S'il existe un mauvais côté au développement minier du Labrador, c'est ce que vit Carrie Cabot et sa famille.

«Nous sommes coincés», explique-t-elle en provenance de Wabush, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Mme Cabot, son conjoint Damico et leurs deux filles, âgées d'un et trois ans, sont expulsés de leur logement pour laisser la place aux travailleurs des mines du Labrador.

Alors que les compagnies minières paient de fortes sommes pour acheter des maisons et des tours à logements dans les petites municipalités près des mines, les Cabot font partie de ceux qui peinent à trouver des logements abordables.

Le prix des loyers a bondi à Labrador West depuis le début de la nouvelle période de croissance de l'industrie minière, il y a quatre ans, alimentée par la demande de minerai à l'étranger. Les lois provinciales n'encadrent pas les augmentations annuelles.

La compétition pour des logements vacants est si intense qu'il n'est pas inhabituel pour les propriétaires de Labrador City et de Wabush de vivre dans des chalets ou des sous-sols pendant que les entrepreneurs paient 5000 $ ou plus par mois pour louer leurs habitations.

Les Cabot ont reçu un avis d'expulsion le 1er décembre et doivent quitter leur logement d'ici la fin juillet. Les locataires doivent normalement quitter les lieux dans les trois mois mais, dans ce cas, ceux-ci ont reçu du temps supplémentaire et de l'aide de la part de la compagnie qui en fait l'acquisition pour trouver un nouveau chez-soi.

Le problème, dit Mme Cabot, est que même si son conjoint gagne plus de 65 000 $ par année en tant qu'assistant-mécanicien, les maisons qui se vendent autour de 300 000 $ sont hors de portée jusqu'à ce qu'ils puissent mettre de côté le montant d'un premier versement.

La famille payait un peu plus de 1000 $ par mois pour un logement avec trois chambres à coucher lorsque la bâtisse a été vendue. Le mieux qu'ils aient pu trouver pour l'instant, souligne Mme Cabot, est un logement de deux chambres dans un sous-sol, avec une seule fenêtre, pour 1600 $ par mois.

«Si vous êtes assez chanceux pour trouver un logement annoncé dans une publicité, il est destiné aux compagnies ou il est si cher qu'une famille moyenne ne peut payer le loyer.»

La demande pour le minerai de fer en Chine et en Inde stimule une croissance qui jette plusieurs personnes à la rue, a déclaré Karen Oldford, mairesse adjointe de Labrador City et bénévole au sein d'une coalition oeuvrant pour trouver des logements et combattre l'itinérance.

Ce ne sont pas tous les propriétaires qui font grimper les prix, mais plusieurs personnes ayant traversé des périodes de croissance et de décroissance économique en lien avec l'activité minière tentent de faire de l'argent pendant qu'elles le peuvent, dit-elle.

«Nous avons des maisons avec quatre chambres à coucher qui sont louées à 6000 $ par mois.»

Labrador City et la municipalité voisine de Wabush, avec des populations en croissance de 10 000 et de 2000 habitants respectivement, sont connues sous le nom de Labrador West. La construction de plus de 500 maisons et unités de logement dans la région n'a pas permis de combler la demande, conclut Mme Oldford.

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