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Joe Biden est attendu en Amérique Latine pour parler de légalisation des drogues

03/03/2012 03:11 EST | Actualisé 03/05/2012 05:12 EDT

Le vice-président américain Joe Biden se rendra en Amérique Latine, dimanche, en subissant une pression sans précédent de la part des dirigeants politiques et des hommes d'affaires pour discuter d'un sujet dont les responsables américains n'ont pas envie de débattre: la décriminalisation de la drogue.

Les présidents du Costa Rica, du Guatémala, du Salvador, de la Colombie et du Mexique, tous aux prises avec les retombées très violentes d'une guerre contre la drogue en passe d'échouer, ont déclaré au cours des dernières semaines qu'ils aimeraient commencer à débattre de la légalisation de la drogue. L'Argentine, l'Uruguay, le Pérou et le Mexique permettent déjà l'utilisation de petites quantités de marijuana pour la consommation personnelle, tandis que les dirigeants politiques brésiliens et colombiens envisagent des alternatives à l'emprisonnement des consommateurs de drogue.

Les dirigeants du milieu des affaires sont également de la partie: en février, un groupe d'experts du monde bancaire, médical et juridique ont financé une conférence sur les politiques envers la drogue, à Mexico, qui a conclu que les politiques actuelles de contrôle de la drogue ne fonctionne pas et doivent être réformées.

Selon John Walsh, un expert en politiques sur la drogue du Washington Office of Latin America, il aurait été impensable, il y a seulement quelques années, d'envisager le fait que des présidents en exercice envisagent de discuter de tels sujets.

Lors de la séance d'information pour les médias sur le voyage à venir de M. Biden, le principal responsable de la Maison-Blanche pour l'Amérique Latine, Dan Restrepo, a déclaré que le vice-président s'attendait à une «conversation robuste» concernant les problèmes de sécurité dans les pays d'Amérique Latine, alors que les trafiquants de drogue s'affrontent pour contrôler les ventes lucratives aux États-Unis. Il a toutefois indiqué que les dirigeants latino-américains ne devaient pas s'attendre à un changement de politique.

M. Biden doit arriver à Mexico dimanche pour discuter de questions économiques et sécuritaires avec le président mexicain Felipe Calderon. Il doit également rencontrer lundi les trois principaux candidats à la présidentielle mexicaine qui désirent tous remplacer M. Calderon pour un mandat de six ans.

Mardi, le vice-président doit se rendre au Honduras et rencontrer le président Porfirio Lobo, ainsi que les présidents du Salvador, du Costa Rica et du Guatémala, tous des pays qui souffrent des conséquences de l'expansion des cartels de la drogue. Ceux-ci ont tué des dizaines de milliers de personnes, des prisons surpeuplées débordent de gens accusés d'avoir pris de la drogue et les puissants cartels alimentent la corruption en influençant les résultats électoraux, en sapant les démocraties et en menaçant des économies fragiles.

«Je crois que la question de la légalisation sera discutée entre les dirigeants et M. Biden, mais en privé», estime Walter McKay, un expert sur les questions de sécurité au Mexique, où plus de 47 500 personnes ont été tuées dans le cadre de violences liées aux cartels depuis 2006.

Il y a deux semaines, le président guatémaltèque Otto Perez Molina, un conservateur de droite et un ancien général, a abasourdi les observateurs politiques lorsqu'il a déclaré que l'incapacité des États-Unis à réduire la consommation illégale de drogues ne laissait à son pays que l'option d'envisager la légalisation de la consommation et du transport des drogues.

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