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Vladimir Poutine paraît sûr de sa victoire à la présidentielle de dimanche

02/03/2012 10:19 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

MOSCOU - À l'approche de l'élection présidentielle de dimanche et malgré le mouvement de contestation sans précédent que vit la Russie, le premier ministre Vladimir Poutine semble certain d'être porté à nouveau à la présidence pour un troisième mandat.

Jeudi soir, M. Poutine a reçu à dîner une brochette de représentants des grands journaux de la presse internationale. Une opération-séduction dont la télévision publique russe a diffusé des extraits vendredi.

Le maître de Moscou, aujourd'hui âgé de 59 ans, a été président de 2000 à 2008, pour deux mandats successifs de quatre ans. La Constitution ne lui permettant pas un troisième mandat successif, il a cédé la place à son dauphin, Dimitri Medvedev, passant quant à lui les quatre années suivantes au poste de premier ministre.

Confirmant un jeu de chaises musicales inédit dont beaucoup de Russes ont dénoncé le cynisme, Vladimir Poutine a répété que s'il était élu dimanche, Dimitri Medvedev le remplacerait à la tête du gouvernement.

Le mandat présidentiel étant depuis passé à six ans renouvelable une fois, M. Poutine aurait donc la possibilité de se réinstaller au Kremlin pour 12 ans, ce qui pourrait lui faire au bout du compte près d'un quart de siècle au pouvoir. Soit plus que tout autre dirigeant soviétique ou russe avant lui... hormis le dictateur Joseph Staline.

C'est contre cette éventualité que s'insurge l'opposition, furieuse depuis les élections législatives de décembre et la large victoire de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine. Malgré les fraudes avérées, le pouvoir a refusé d'organiser un nouveau scrutin.

La Russie a connu un hiver agité, des dizaines de milliers de personnes se rassemblant dans des manifestations d'une ampleur inédite pour le plus important mouvement de protestation depuis l'époque de l'effondrement de l'URSS, il y a deux décennies.

L'opposition, qui n'entend pas baisser la garde, se prépare à manifester à nouveau dès lundi, au lendemain d'un scrutin qu'elle craint de voir manipulé pour donner la victoire à Vladimir Poutine.

Après avoir tenu des propos très durs contre l'opposition, le premier ministre s'est montré plus apaisé jeudi devant les journalistes étrangers, disant considérer que ce mouvement de contestation était tout compte fait «une bonne expérience pour la Russie».

«Cette situation a aidé les structures gouvernementales à s'améliorer, a renforcé la prise de conscience qu'il fallait penser, chercher des solutions et communiquer avec la société», a-t-il déclaré.

Il a aussi assuré qu'il était toujours populaire auprès d'une majorité de Russes, surtout dans les régions éloignées, même s'il reconnaît avoir «moins de partisans» à Moscou. «Mais ils restent tout de même la majorité», a-t-il ajouté.

Les derniers sondages lui offrent près de 60 pour cent d'opinions favorables, et de nombreux Russes semblent résignés à le voir remporter une victoire facile face à quatre adversaires adoubés par le Kremlin.

Mais pour Gleb Pavlovsky, ancien conseiller politique du Kremlin devenu analyste politique, le Vladimir Poutine de 2012 ne bénéficie plus de la popularité d'autrefois, dont il avait très vite joui après être devenu à la surprise générale, en 1999, premier ministre et dauphin désigné de Boris Eltsine, lui succédant quelques mois plus tard à la tête du pays.

L'ancien colonel du KGB, originaire de Saint-Pétersbourg, cultive depuis cette époque l'image de héros viril ayant rendu stabilité et fierté à une Russie épuisée par les chaotiques années de Boris Eltsine.

De son côté, l'actuel président Medvedev s'est adressé directement aux Russes vendredi, les appelant à voter et se félicitant d'une campagne électorale marquée par ce qu'il a qualifié de «forte activité civique». Cela «montre que la société russe est plus mûre et qu'elle sait poser clairement ses exigences envers le gouvernement», a-t-il estimé.

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