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Sarkozy: la France va fermer son ambassade en Syrie

02/03/2012 06:24 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

BRUSSELS - Le président français Nicolas Sarkozy a annoncé vendredi la fermeture de l'ambassade de France en Syrie. Il s'est également dit prêt à augmenter d'"un cran supplémentaire" le soutien à l'opposition syrienne, mais pas à le faire sans mandat de l'ONU préalable.

"Avec Alain Juppé (ministre des Affaires étrangères, NDLR), nous avons pris la décision de fermer notre ambassade", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Bruxelles, où il se trouve pour un Conseil européen.

Cette annonce intervient au lendemain de l'évacuation vers le Liban voisin de la journaliste française Edith Bouvier, blessée à Homs la semaine dernière, et de son compatriote le photographe William Daniels. Tous deux étaient bloqués à Homs, où le quartier insurgé de Bab Amr est tombé jeudi aux mains des forces du régime.

Londres avait pour sa part annoncé la veille la fermeture de sa propre ambassade à Damas, ainsi que la Suisse. Les Etats-Unis avaient quant à eux fermé leur représentation début février et évacué leurs derniers personnels sur place.

L'ambassadeur de France Eric Chevallier, rappelé à Paris pour consultations, était reparti récemment en Syrie pour tenter de régler le sort des journalistes français pris au piège à Homs. Selon le porte-parole du Quai d'Orsay, les personnels diplomatiques français encore sur place sont une quinzaine.

"Nous serons favorables à passer un cran supplémentaire s'agissant de l'aide aux démocrates en Syrie", a poursuivi Nicolas Sarkozy à Bruxelles. Mais "nous ne ferons rien tant qu'il n'y aura pas une résolution du conseil de sécurité".

"Il n'est pas question d'agir directement ou indirectement tant que le Conseil de sécurité n'a pas établi (...) les conditions juridiques d'un cran supplémentaire, que ce soit les zones humanitaires, les livraisons d'armes pour l'opposition, des corridors", a précisé le président français.

Il s'est cependant dit "favorable à ce que, au moins aux frontières de la Syrie, des zones humanitaires soient organisées pour qu'on puisse accueillir des gens qui sont persécutés par le régime syrien, qui doit partir".

"Ce qui se passe, c'est un scandale, c'est absolument inacceptable", a répété Nicolas Sarkozy, évoquant notamment le sort de Homs, "qui menace d'être rayée de la carte". Et de souligner que le Conseil européen avait "condamné dans les termes les plus vifs ce qui se passe en Syrie". Les dirigeants européens ont "dit (leurs) encouragements au Conseil national syrien", a-t-il précisé. AP

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