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Le projet de relance de la mine Jeffrey est condamné, selon Khadir

02/03/2012 11:55 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - La mine d'amiante Jeffrey, dans les Cantons-de-l'Est, serait condamnée, a affirmé vendredi le député Amir Khadir, de Québec solidaire, en se basant sur une source sûre qui lui aurait confirmé le refus des institutions financières d'avancer de l'argent pour le projet controversé.

Le président de Mine Jeffrey, Bernard Coulombe, a toutefois réfuté les allégations de M. Khadir. En entrevue au quotidien La Tribune, il a assuré que la participation de 25 millions $ des promoteurs était assurée.

«C'est terrible, depuis quand des banquiers vont dévoiler le contenu de transactions privées avec leurs clients?» a-t-il lancé en réplique au député de Québec solidaire.

Le président de Mine Jeffrey a soutenu que la participation de 25 millions $ de son entreprise exigée par le gouvernement du Québec avait été trouvée auprès de partenaires. «Cet argent est présentement sous écrous. Je ne comprends pas ce que Khadir vient faire et dire là-dedans», a dit M. Coulombe.

Le gouvernement Charest est plutôt sceptique quant aux informations obtenues par le député de Québec solidaire.

Ce projet est sur la sellette, puisque le gouvernement aurait fourni une garantie de prêt de 58 millions $ à un consortium, Balcorp, dirigé par un collecteur de fonds libéral, Baljit Chadha.

En conférence de presse à l'Assemblée nationale, vendredi, M. Khadir a soutenu que le Mouvement Desjardins aurait refusé de financer le projet et les banques auraient aussi refusé de s'engager. «Nous avons consulté un ancien vice-président d'une grande institution financière et selon lui, à sa face même, ce montage financier ne correspond à aucun critère logique des marchés», a-t-il déclaré.

Selon M. Khadir, la mort du projet serait une belle occasion de renoncer une fois pour toutes au «cul-de-sac» de l'amiante au Québec, plutôt que d'essayer d'exporter ce produit dans des pays où les normes de santé et sécurité ne sont pas respectées, comme l'Inde.

«À l'heure où on envoie des satellites jusqu'à la planète Mars (...), à l'heure où on dépense des milliards de dollars en projets de toutes sortes, pourquoi on ne serait-on pas capables, au Québec, d'offrir à la région d'Asbestos un moyen de se développer économiquement, autrement qu'en produisant et en exportant la mort?» a demandé M. Khadir.

Le gouvernement Charest soulève un doute sur les affirmations de Québec solidaire. Par la voix de son porte-parole, le ministre du Développement économique, Sam Hamad, a rappelé que le gouvernement avait fixé deux conditions à sa garantie de prêt.

Balcorp devait d'abord amasser 25 millions $ auprès de partenaires crédibles, et devait aussi demander des vérifications externes chez les clients potentiels pour s'assurer d'une utilisation sécuritaire du produit, a réitéré l'attaché du ministre, Harold Fortin.

Et comme le ministère poursuit ses analyses, il n'y a pas lieu de parler de mort du projet et le dossier n'est pas encore suffisamment complété pour que le ministre en soit ensuite saisi, a-t-il ajouté.

«C'est encore sous analyse chez nous, a-t-il dit en entrevue téléphonique. (...) Si on n'a pas encore annoncé ce qu'on faisait, c'est qu'on doit encore vérifier certaines choses. (...) Je ne considère pas que le projet est mort tant que les deux critères seront impossibles à 100 pour cent à satisfaire.»

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