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Le Kenya lance la construction d'un nouveau port controversé

02/03/2012 01:58 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

NAIROBI, Kenya - Le Kenya a lancé vendredi la construction d'un nouveau port dans la région de Lamu, dans le sud-est du pays, avec une cérémonie réunissant des dirigeants d'Afrique de l'Est, dont le président sud-soudanais Salva Kiir et le premier ministre éthiopien Meles Zenawi.

Le projet est toutefois loin de faire l'unanimité: des résidants craignent qu'il ne gâche le cadre idyllique de l'île de Lamu, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le port s'inscrit dans un programme visant à améliorer les infrastructures dans la région. Le projet implique la construction d'une route, d'une ligne de chemin de fer et d'un oléoduc traversant trois pays.

Salva Kiir a déclaré que cet oléoduc offrirait une solution de rechange à son pays enclavé, devenu indépendant en juillet, en l'affranchissant de sa dépendance aux infrastructures pétrolières contrôlées par le Soudan.

Le Soudan du Sud a cessé de faire transiter son pétrole par le Soudan en janvier, accusant Khartoum de voler des centaines de millions de dollars de revenus pétroliers. Le Soudan a répondu mercredi en bombardant deux puits de pétrole au Soudan du Sud, selon M. Kiir.

Le président sud-soudanais a remercié le Kenya pour la signature d'un protocole d'accord qui autorise le Soudan du Sud à construire un oléoduc reliant Juba, sa capitale, jusqu'au nouveau port.

M. Kiir a également affirmé que le port avait une importance stratégique et économique pour la région.

«Le projet du port de Lamu créera des occasions économiques et des emplois. Cela rendra les biens et services plus abondants et abordables sur nos marchés», a-t-il déclaré.

La construction sera réalisée en plusieurs phases et coûtera au Kenya 24,5 milliards $US, selon des estimations du gouvernement kényan.

Une association baptisée «Save Lamu» s'oppose au projet, estimant que l'on n'a pas assez étudié l'impact du port sur l'environnement et l'île de Lamu. Dans un communiqué, le groupe affirme que les résidants de Lamu n'ont pas été consultés et que la propriété foncière n'est pas respectée par les autorités.

Le président kényan, Mwai Kibaki, a assuré que son gouvernement était conscient des inquiétudes des résidants de Lamu.

«Les droits des habitants de Lamu, comme ceux de tous les autres Kényans, sont inscrits dans la Constitution et sont donc inaliénables. J'ai demandé aux ministères compétents d'agir avec diligence et de veiller à ce que l'on réponde à ces inquiétudes dès que possible», a-t-il déclaré.

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