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La multinationale SNC-Lavalin pourrait faire l'objet d'un recours collectif

02/03/2012 01:57 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - La multinationale SNC-Lavalin est visée par une requête d'autorisation de recours collectif.

Un cabinet d'avocats de la région de Québec — Siskinds, Desmeules — a soumis cette requête à la Cour supérieure du Québec jeudi. Elle reproche notamment au géant montréalais d'avoir diffusé publiquement des informations inexactes ou trompeuses.

La requête cible le Groupe SNC-Lavalin (TSX:SNC) ainsi que certains de ses dirigeants et administrateurs.

S'il est autorisé, le recours collectif regrouperait toute personne qui a acquis des titres de SNC-Lavalin entre le 13 mars 2009 et le 28 février 2012. La requête demande un dédommagement collectif de 250 millions $.

Il est notamment allégué que les défendeurs ont permis que des informations et représentations inexactes ou trompeuses ayant trait au code de conduite de SNC-Lavalin, à son cadre de conformité légale et à ses mesures de contrôles internes ayant un impact sur la valeur de ses titres, soient diffusées publiquement.

Il est aussi allégué que certains hauts dirigeants de l'entreprise auraient été impliqués dans des activités illicites en Libye, contrairement aux affirmations diffusées par SNC-Lavalin au cours de la période visée par le recours.

Le réseau anglais de Radio-Canada a rapporté au cours des derniers jours que le mari de l'ambassadrice canadienne en Libye, Edis Zagorac, aurait été embauché par SNC-Lavalin pour diriger une unité d'ingénierie chargée de réaliser des projets développés conjointement par la firme d'ingénierie et la famille Kadhafi.

Des projets de construction de prison, d'autoroute, d'usine de traitement des eaux, de centrale électrique et d'académie militaire auraient été dans la ligne de mire de l'unité conjointe dirigée par Edis Zagorac.

Ces projets s'inscrivaient dans la foulée de contrats de plusieurs milliards de dollars décrochés par l'ex-vice-président directeur de la division construction de SNC-Lavalin, Riadh Ben Aïssa — qui est connu pour avoir entretenu des liens étroits avec deux des fils du dictateur déchu Mouammar Kadhafi.

Au cours de la seule journée de mardi dernier, la valeur de l'action de SNC-Lavalin en Bourse a fondu de plus de 20 pour cent après l'annonce d'une série de mauvaises nouvelles, y compris une enquête sur des versements irréguliers de 35 millions $.

L'enquête sur les versements douteux a forcé SNC-Lavalin à repousser la publication de ses résultats financiers du quatrième trimestre et de l'année 2011, qui devaient être communiqués vendredi. Ils doivent maintenant être rendus publics avant le 30 mars.

La firme a de plus averti mardi que ses profits nets pour 2011 allaient être 18 pour cent inférieurs aux perspectives qu'elle avait dévoilées il y a à peine quelques mois. C'est 80 millions $ de moins que les 448 millions $ prévus.

Le cours de l'action de SNC-Lavalin a grimpé vendredi de 1,14 $, soit 2,9 pour cent, à la Bourse de Toronto, pour clôturer à 40 $.

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