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Intervention policière musclée: Khadir évoque une commande politique

02/03/2012 11:20 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Amir Khadir a évoqué vendredi une «commande politique» pour expliquer l'intervention policière musclée jeudi contre des étudiants massés devant l'Assemblée nationale.

Le coporte-parole de Québec solidaire, qui a été témoin de la scène, estime que le recours au gaz lacrymogène par les policiers anti-émeute de la Sûreté du Québec n'était pas justifié.

À ses yeux, les manifestants qui cherchaient à forcer un cordon policier devant l'Assemblée nationale et qui lançaient des projectiles _ quelques bâtons et balles de neige _ ne représentaient pas une menace pour le bien public.

«Je n'ai pas vu de personnes menaçantes, ni pour moi, ni pour l'Assemblée nationale. (...) On m'a dit qu'il y avait un bâton qui aurait revolé. Mais même ça, est-ce que ça justifie qu'on envoie des gaz lacrymogènes puis qu'on crée tout ce tumulte?», a-t-il relevé en point de presse.

Selon le leader de gauche, la force utilisée par les autorités pour disperser les étudiants soulève des questions sur les façons de faire récentes des policiers en situation trouble.

«Si c'était juste un acte isolé, on pourrait dire que c'est une erreur. Mais ça s'ajoute à ce que nous vivons depuis six mois. Je vous rappelle qu'il y a eu au moins deux, trois, quatre, cinq personnes qui ont perdu la vie aux mains des policiers, des corps policiers, des corps de sécurité dans des circonstances très questionnables», a-t-il relaté.

Le député de Mercier accompagne les associations étudiantes dans leur lutte contre la hausse annuelle de 325 $ pendant cinq ans des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest.

Il s'est mêlé à la foule de quelques milliers de manifestants jeudi et a pu observer le travail des agents de la Sûreté du Québec déployés sur les lieux.

À son avis, les policiers n'ont peut-être pas agi en toute indépendance dans ce dossier.

«Qui ordonne à ces gens-là de se comporter comme ça? J'espère que ce n'est pas une commande politique de Mme Beauchamp (Line, ministre de l'Éducation) pour intimider les étudiants», a-t-il suggéré.

S'il n'accuse pas directement la ministre d'être à l'origine de l'intervention, M. Khadir considère que des indices pointent dans cette direction.

«Ça ressemble à ce que je vois de Mme Beauchamp, qui semble irritée et qui veut montrer du poing vis-à-vis des étudiants. Mais ce n'est pas le rôle des policiers d'être au service de Mme Beauchamp. Les policiers sont là pour protéger l'ordre public et l'Assemblée nationale», a-t-il déclaré.

Jointe par La Presse Canadienne, la ministre de l'Éducation a voulu démonter l'hypothèse avancée par le coleader de QS.

«Je me retiens pour ne pas rire, a-t-elle lancé. Il a la théorie du complot extrêmement facile.»

Mme Beauchamp a nié toute intervention politique dans cette affaire, renvoyant plutôt la balle à M. Khadir.

«La seule commande politique que j'ai entendue ces derniers jours, c'est M. Khadir qui a dit aux manifestants qu'ils peuvent aller bloquer des ponts parce que c'est pas si grave que ça de nuire à la vie de nos concitoyens si on pense que la cause est juste», a-t-elle dit.

Mme Beauchamp n'a pas voulu commenter les gestes posés par les policiers mais a invité le député Khadir à prendre ses responsabilités plutôt qu'à chercher des conspirations.

«La Sûreté du Québec était sur les terrains de l'Assemblée nationale au nom de l'Assemblée nationale. M. Khadir fait partie du bureau de gestion de l'Assemblée nationale. Ses questions, il doit se les poser à lui-même», a-t-elle fait remarquer.

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