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Faire don d'un rein n'augmente pas le risque de maladie cardiaque, dit une étude

02/03/2012 02:54 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

TORONTO - Les gens qui ont fait don d'un rein ne risquent pas davantage de souffrir d'une maladie cardiaque, indique une nouvelle étude réalisée par des chercheurs canadiens.

Les scientifiques savaient déjà que les gens souffrant d'une fonction rénale réduite causée par la maladie étaient plus à risque de souffrir aussi d'une maladie cardiovasculaire. Une équipe internationale de chercheurs, dirigée par le docteur Amit Garg, de l'université Western Ontario, a voulu savoir si ce même risque se transposait aux gens qui ont fait don d'un rein.

L'étude avait des implications éthiques importantes pour les équipes qui évaluent et encadrent d'éventuels donneurs.

Le docteur Garg s'est dit «soulagé» de n'avoir établi aucun lien avec les maladies cardiaques. Cela semble indiquer que la réduction de la masse rénale attribuable à une ablation n'a pas le même impact sur le corps qu'une perte de fonction rénale causée par une maladie comme le diabète, a-t-il dit.

L'étude a été publiée dans le prestigieux journal scientifique britannique BMJ. Elle s'inscrit dans une série d'études entreprises par le docteur Garg et des collègues canadiens, américains et australiens pour évaluer l'impact sur la santé d'un don de rein.

Aux fins de cette étude, 2028 Ontariens toujours vivants et ayant fait don d'un rein ont été comparés à plus de 20 280 Ontariens d'âge et de sexe similaires mais n'ayant pas fait don d'un rein. Les chercheurs ne se sont ensuite intéressés qu'aux sujets les plus en santé du deuxième groupe, puisqu'ils seraient potentiellement les seuls à être acceptés comme donneurs.

Les scientifiques ont découvert que, pendant les 10 premières années après leur don de rein, les donneurs n'ont pas développé plus de maladies cardiaques que les non-donneurs. Le suivi s'est étiré sur plus de 17 ans dans certains cas. L'âge médian des donneurs était toutefois de 43 ans, et le docteur Garg a prévenu qu'un suivi sera nécessaire pendant encore des décennies, puisque les maladies cardiovasculaires apparaissent souvent à un âge plus avancé.

Des études précédentes avaient déterminé que les patients souffrant d'une réduction de leur fonction rénale développent des maladies cardiaques environ huit ans après son début. Si le don d'un rein devait entraîner un problème similaire, a dit le docteur Garg, on s'attendrait à le voir apparaître à court terme.

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