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Couche-Tard vend l'un de ses dépanneurs syndiqués, à Saint-Liboire

02/03/2012 05:47 EST | Actualisé 02/05/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La direction d'Alimentation Couche-Tard (TSX:ATD.B) a fait savoir vendredi qu'elle met en vente l'un de ses dépanneurs dont les employés avaient obtenu leur accréditation syndicale, à Saint-Liboire en Montérégie.

Cette annonce, faite après la clôture des marchés boursiers, survient au moment où Couche-Tard et la CSN s'opposent devant la Commission des relations du travail (CRT) concernant la syndicalisation de certains dépanneurs de cette chaîne. Un juge de la Cour supérieure a d'ailleurs refusé, jeudi, de suspendre les audiences de la CRT à ce sujet, comme le réclamait Couche-Tard.

Dans son communiqué, la société de Laval a indiqué qu'elle entendait vendre son dépanneur de Saint-Liboire à un franchisé qui conserverait la bannière Couche-Tard. Elle a précisé que la transaction devrait être complétée au cours des prochaines semaines.

Un porte-parole de Couche-Tard, André Bouthillier, a indiqué en entrevue que la société compte présentement «deux ou trois» dépanneurs franchisés au Québec, sur un total de quelque 600 établissements dans la province.

«Le franchisage est un des modèles utilisés par Couche-Tard au Québec et à travers le reste du pays», a indiqué la société dans son communiqué.

M. Bouthillier a dit que la proportion de dépanneurs franchisés était plus élevée dans les autres provinces canadiennes, même s'il n'était pas en mesure de fournir de données précises à cet effet. Couche-Tard compte plus de 2000 dépanneurs dans tout le pays.

Les employés du dépanneur de Saint-Liboire, près de Saint-Hyacinthe, avaient déjà obtenu leur accréditation syndicale et étaient en voie de négocier une première convention collective. La direction de Couche-Tard a déjà procédé à la fermeture de deux autres de ses dépanneurs syndiqués, en avril et septembre 2011, à Montréal, en faisant valoir qu'ils n'étaient pas rentables.

La CSN a d'ailleurs déposé contre Couche-Tard des plaintes «d'entrave, d'intimidation et de menaces» en vertu du Code du travail. Elle allègue que la fermeture de deux des cinq dépanneurs syndiqués constitue une entrave à sa campagne de syndicalisation.

Dans son communiqué de vendredi, Couche-Tard affirme que sa décision de vendre le dépanneur de Saint-Liboire «ne remet pas en question la syndicalisation de ce magasin». «Couche-Tard a ainsi rassuré la CSN à l'effet qu'elle ne contestera pas l'application de l'article 45, prévoyant le transfert de l'unité d'accréditation et des employés au nouveau franchisé. De plus, Couche-Tard recommandera à l'acheteur éventuel de rencontrer rapidement le syndicat pour échanger sur les négociations de la convention collective», a ajouté la compagnie.

Dans le conflit qui oppose Couche-Tard et la CSN, le syndicat reproche notamment au chef de la direction de la société, Alain Bouchard, d'avoir fait parvenir aux employés une vidéo dans laquelle il affirme que les succursales ne pourraient soutenir les coûts de la syndicalisation et qu'en présence d'un syndicat, tous les scénarios pourraient être envisagés par la direction.

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