La croissance du PIB ralentit à 0,4 pour cent au quatrième trimestre

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Le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 0,4 pour cent au quatrième trimestre. (Photo AP) | AP

OTTAWA - L'économie canadienne a montré des signes de reprise à la fin de l'année dernière, un signal bienvenu qui semble indiquer que le ralentissement prononcé de l'automne pourrait n'avoir été que passager.

Le produit intérieur brut du pays a crû de 0,4 pour cent en décembre — après le recul surprise de 0,1 pour cent de novembre — et a affiché une croissance de 1,8 pour cent en données désaisonnalisées pour le dernier trimestre de 2011.

Cette progression est légèrement plus faible que celle attendue par la Banque du Canada, un détail qui a cependant été éclipsé par une révision à la hausse des données du troisième trimestre. L'économie a ainsi crû de 4,2 pour cent de juillet à septembre, et non de 3,5 pour cent, tel qu'initialement rapporté.

L'économiste en chef de la Banque TD, Craig Alexander, a qualifié la révision à la hausse du troisième trimestre de «plaisante surprise». Au terme d'une année en dents de scie, l'économie a avancé de 2,5 pour cent en 2011, ce qui est supérieur au taux de croissance soutenue à long terme pour l'économie. Elle avait crû de 3,2 pour cent de 2010.

En outre, la hausse de décembre place l'économie en meilleure posture pour dépasser les attentes en 2012, a ajouté M. Alexander.

«Ce n'est pas une mauvaise conclusion, elle ne représente par une croissance explosive, mais elle signifie que l'économie canadienne a livré une performance relativement solide en 2011», a-t-il expliqué.

L'économiste a ajouté que sa banque réviserait probablement ses attentes pour 2012 pour les faire passer de 1,7 pour cent à environ 2,2 pour cent, soit légèrement au-dessus de la prévision de la banque centrale.

Des perspectives différentes de celles de l'automne

«Dans l'ensemble, l'économie a un peu moins de marge que la Banque du Canada ne l'avait prévu et les marchés pourraient commencer à croire un peu plus la banque lorsqu'elle parle d'une 'réduction progressive de la détente monétaire au cours de la période de projection'», a noté Douglas Porter, de la Banque de Montréal, dans une note aux clients.

Plus tôt cette semaine, les États-Unis — le plus important partenaire économique du Canada et un marché clé pour ses exportations — a révisé à la hausse sa croissance du quatrième trimestre pour la porter à trois pour cent.

M. Alexander a noté que les perspectives étaient aujourd'hui très différentes de celles qui prévalaient l'automne dernier, lorsque plusieurs craignaient que la crise des dettes en Europe ne s'étende à toute la planète et que les marchés financiers vacillaient.

L'Europe semble maintenant réaliser certains progrès pour ce qui est de contenir leurs problèmes de dettes, les États-Unis ont rebondi avec plus de vigueur que prévu — leur économie génère 200 000 nouveaux emplois par mois —, tandis que les cours des matières premières se sont raffermis, ce qui profite au Canada.

Et même si la création d'emplois reste faible au Canada, Craig Alexander dit s'attendre à ce que même cet élément de l'économie reparte bientôt à la hausse.

L'amélioration des perspectives pourrait avoir des implications pour le budget du ministre des Finances Jim Flaherty qui sera dévoilé le 29 mars.

M. Alexander et d'autres économistes doivent rencontrer le ministre Flaherty lundi pour discuter avec lui des perspectives économiques. Même si certains d'entre eux ont recommandé au ministre de ne pas présenter un budget trop austère, cette inquiétude pourrait s'amoindrir si l'économie a meilleure mine que prévu et fait face à moins d'obstacles.

Détails encourageants

Parmi les détails encourageants du rapport dévoilé vendredi par Statistique Canada, la consommation s'est accélérée, tout comme les dépenses des entreprises, tandis que les exportations ont été robustes.

«Les aspects les plus intéressants du rapport sont les choses qui ne se sont pas produites — la consommation n'a pas chuté de façon marquée, le gouvernement n'a pas exercé de pression à la baisse sur l'économie et les exportations ont progressé malgré le ralentissement de l'économie mondiale», a indiqué Dov Zigler, économiste des marchés financiers à la Banque Scotia.

Malgré tout, des analystes jugent qu'il est toujours trop tôt et que les conditions sont toujours trop incertaines pour que cela n'affecte concrètement la pensée de la Banque du Canada sur les taux d'intérêt. Les analystes restent unanimement convaincus que la banque ne bougera pas à ce chapitre avant un bon moment et qu'elle gardera son taux directeur à un pour cent, où il se trouve depuis septembre 2010, lors de sa prochaine annonce à ce sujet, la semaine prochaine.

Selon Statistique Canada, tous les principaux secteurs industriels ont connu une hausse en 2011, exception faite de celui des arts, des spectacles et des loisirs.

La production de biens a augmenté de 3,6 pour cent, et celle de services, de 2,2 pour cent. Le secteur de l'extraction minière, pétrolière et gazière, la construction, le secteur public (qui regroupe les services d'enseignement et de santé ainsi les administrations publiques) et la fabrication ont le plus contribué à la croissance globale.

Cependant, la progression de l'investissement en logements a ralenti à 0,8 pour cent au quatrième trimestre, tout comme les rénovations.

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