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Une étude de BMO illustre les récriminations de l'Ontario sur le pétrole

01/03/2012 10:14 EST | Actualisé 01/05/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Une nouvelle étude sur l'impact qu'a eu un dollar canadien fort sur l'économie illustre clairement pourquoi le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty, n'est pas un fervent défenseur des sables bitumineux.

L'analyse d'un économiste de la Banque de Montréal, Douglas Porter, retrace la courbe de dix ans du huard, qui valait environ 62 cents US au premier trimestre de 2002, alors qu'il dépasse actuellement la devise américaine.

La montée en puissance du dollar canadien a eu plusieurs déclencheurs, mais l'un des plus importants d'entre eux aura été l'enrichissement massif du pays grâce aux exportations de produits de base comme le pétrole.

Le secteur manufacturier, sensible aux changements du taux de change, a aboli 500 000 emplois pendant cette période, soit un rétrécissement de 22 pour cent. Cela a notamment contribué au passage des surplus au déficit au Canada, contribuant même à la faiblesse de la productivité.

Certains facteurs ont permis de remonter la pente, mais les mesures n'ont pas été suffisantes pour compenser les pertes encaissées.

M. Porter souligne que le Canada a heureusement pu compter sur des gains solides du côté du secteur des ressources énergétiques au cours des dix dernières années, en même temps que se produisait les coupes dans les emplois manufacturiers.

L'expert de la Banque de Montréal ajoute néanmoins que le secteur énergétique ne représente que le cinquième de la taille de l'industrie manufacturière.

La virage du moteur de la croissance économique canadienne, qui s'est effectué du secteur manufacturier vers celui de l'énergie, a nui aux provinces du centre du Canada. L'Ontario a été particulièrement affectée, tandis que l'Alberta a profité de cette transition — une province désignée par M. Porter comme la reine de la croissance de l'emploi au pays dans la dernière décennie.

Le premier ministre McGuinty avait décoché une flèche en direction de son homologue albertaine lundi, en suggérant que la force du «pétrodollar» avait été atteinte au détriment des exportations manufacturières de sa province.

Manufacturiers et Exportateurs du Canada a aussi attaqué la force du dollar, qui a atteint la parité il y a environ quatre ans, l'accusant d'être responsable des difficultés éprouvées dans le secteur. Le groupe a toutefois nuancé en indiquant que la faiblesse de la demande du côté américain était le principal facteur de cette période difficile.

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