Syrie: les journalistes français pris en charge par l'ambassade de France au Liban

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Édith Bouvier (AFP)
Édith Bouvier (AFP)

PARIS, 1 mars 2012 (AFP) - Les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, bloqués depuis plusieurs jours dans la ville de Homs (Syrie) sous les bombardements, ont été pris en charge par l'ambassade de France au Liban après avoir quitté la Syrie, a annoncé jeudi le chef de la diplomatie, Alain Juppé.

"Je suis heureux que les deux journalistes français, Mme Edith Bouvier et M. William Daniels, qui étaient bloqués à Homs depuis plusieurs jours, soient ce soir au Liban. Ils ont été pris en charge par l'ambassade de France à Beyrouth et tout est fait pour assurer leur suivi médical et leur rapatriement dès que possible", a déclaré Alain Juppé, peu après que le président Nicolas Sarkozy eut annoncé qu'ils étaient en sécurité au Liban.

Le président a précisé que les deux Français ne se trouvaient pas actuellement à Beyrouth et qu'ils pourraient être rapatriés "dès cette nuit dans un avion médicalisé de la République française" si les médecins donnaient leur accord.

Les deux journalistes ont été rejoints par du personnel de l'ambassade de France sur la route conduisant à Beyrouth, un voyage compliqué par la neige et une météo défavorable, a-t-on indiqué au Quai d'Orsay. Un médecin libanais se trouve avec eux depuis le passage de la frontière entre le Liban et la Syrie, a ajouté le ministère. Edith Bouvier a été grièvement blessée à la jambe dans les bombardements de Homs par l'armée syrienne.

"Je souhaite faire part à leur famille de mon immense joie pour cette issue heureuse", a affirmé Alain Juppé qui a "remercié très chaleureusement tous ceux qui, souvent au péril de leur vie, ont rendu possible ce dénouement"

Interrogé sur LCI, Etienne Mougeotte, directeur de la rédaction du Figaro, quotidien pour lequel travaillait Edith Bouvier en Syrie, a pour sa part indiqué qu'il y avait "deux voies possibles" pour que la journaliste quitte ce pays: soit avec le Croissant rouge et le Comité international de la Croix Rouge "elle était récupérée et emmenée à Damas", soit "les militants de l'ASL l'acheminaient clandestinement vis à vis des autorités syriennes vers le Liban".

"C'est cette deuxième voie qu'a utilisée Edith, faisant une trentaine de km entre Homs et la frontière libanaise", a-t-il dit, précisant que la journaliste "devrait arriver à Beyrouth dans la nuit ou au petit matin car il y a de la neige là où elle est".

Dans sa déclaration. Alain Juppé a dit avoir "une pensée émue pour les familles de Rémi Ochlik et de Marie Colvin qui ont été tués à Homs, mais également pour toutes les victimes syriennes de cette ville martyre".

Le journaliste français Rémi Ochlik et sa consoeur américaine Marie Colvin ont été tués il y a une semaine à Homs, bastion rebelle dans le centre de la Syrie.