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Surveillance accrue des transactions financières : Stoddart émet des doutes

01/03/2012 05:34 EST | Actualisé 01/05/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement veut mettre en place des mesures plus sévères pour lutter contre le blanchiment d'argent sans pour autant être en mesure de démontrer que les nouveaux pouvoirs qu'il tente d'obtenir sont vraiment nécessaires, a plaidé jeudi la commissaire à la protection de la vie privée.

Jennifer Stoddart a affirmé devant un comité sénatorial que le Canada dispose déjà d'un système coûteux, secret et intrusif pour détecter les transactions financières douteuses. Rien ne prouve cependant qu'il est efficace, a-t-elle affirmé.

Selon Mme Stoddart, compte tenu de l'impact que ce système a sur la vie privée des Canadiens, il n'y a pas lieu de lui donner plus de mordant tant que des recherches n'auront pas prouvé que les résultats sont au rendez-vous.

Actuellement, le Centre d'analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE), l'agence canadienne qui lutte contre le blanchiment d'argent, passe en revue toute transaction financière dépassant 10 000 $.

Le gouvernement propose d'élargir la loi afin de permettre au CANAFE d'analyser tous les transferts de fonds électroniques qui entrent ou qui sortent du pays.

Selon la commissaire Stoddart, cela voudrait dire qu'on devrait analyser toutes les transactions — que ce soit un envoi d'argent à un enfant qui étudie à l'étranger ou un transfert de fonds de Canadiens d'adoption à des membres de la famille à l'étranger.

Jennifer Stoddart a par ailleurs proposé la création d'un organisme de surveillance indépendant chargé de superviser le CANAFE, surtout si ses pouvoirs sont élargis par le gouvernement.

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